Equipage Apollo 16

L’équipage de la mission Apollo 16 comprend les trois astronautes suivants 6:

Ken Mattingly devait faire partie de l’équipage d’Apollo 13 mais ayant été en contact avec Charles Duke, membre de l’équipage de remplacement d’Apollo 13 qui souffrait de la rougeole, il avait dû laisser sa place à Jack Swigert deux jours avant le lancement7. John Young, capitaine dans la Marine américaine est un vétéran qui a déjà participé à trois missions : Gemini 3Gemini 10 et Apollo 10, au cours de laquelle son vaisseau s’est placé en orbite autour de la Lune8. Charles Duke fait partie de la promotion d’astronautes recrutée par la NASA en 1966 et Apollo 16 est sa première mission dans l’espace. Il a néanmoins déjà été Capcom pour la mission Apollo 11 ainsi que membre de l’équipage de réserve d’Apollo 13 9.

Apollo 16 est la deuxième mission Apollo de type J, axée sur les travaux scientifiques. Elle dispose d’un module lunaire plus lourd permettant un séjour de 3 jours à la surface de la Lune et capable de transporter un Lunar Roving Vehicle 21. Avant-dernière mission du programme Apollo, elle bénéficie, tout comme Apollo 17, du savoir-faire engrangé durant les missions précédentes et il n’est donc plus nécessaire d’incorporer dans le programme des tests de nouvelles procédures ou de nouveaux matériels. Ces deux dernières missions fournissent l’opportunité pour les astronautes de tenter de découvrir les raisons de certaines caractéristiques de la Lune mal expliquées. Bien que les missions précédentes, Apollo 14 et Apollo 15, aient ramené sur Terre des roches lunaires datant d’avant la formation des mers lunaires, c’est-à-dire d’avant les remontées du magma ayant noyé les parties les plus basses de la géographie lunaire, aucun de ces matériaux ne provient de hauts plateaux22.

La mission Apollo 14 a permis d’obtenir des échantillons de roches issues des couches supérieures éjectées lors de l’impact de météorites ayant formé la mer des Pluies. L’équipage d’Apollo 15 a de son côté trouvé des roches ayant la même origine en visitant les montagnes situées sur le pourtour de la mer des Pluies. En raison de la proximité des deux sites d’atterrissage, il était concevable que, dans des régions plus éloignées de la mer des Pluies, d’autres processus géologiques aient été à l’œuvre donnant naissance à d’autres types de terrain. Certains membres de la communauté scientifique, remarquant que les régions centrales des hauts plateaux lunaires présentaient une apparence similaire à des régions de la Terre créées par des activités volcaniques, supposèrent alors qu’il en était peut-être de même sur la Lune. L’objectif scientifique d’Apollo 16 est de confirmer cette théorie.

Apollo 16 effectue sa mission sur les hauts plateaux lunaires

Site d’atterrissage d’Apollo 16 sur la Lune

Deux sites d’atterrissage sont placés en tête des priorités pour Apollo 16 : les hauts plateaux situés à proximité du cratère Descartes à l’ouest de la mer des Nectars et le cratère Alphonsus. Dans la région des hauts plateaux de Descartes, les formations des cratères Descartes et Cayley constituent les objectifs les plus intéressants car les scientifiques supposaient, sur la base d’observations réalisées depuis la Terre et depuis l’orbite lunaire, que le terrain dans cette région avait été formé par un magma plus visqueux que celui des mers lunaires. L’âge de la formation Cayley semblait proche de celui de la mer des Pluies d’après la densité des impacts météoritiques observée dans ces deux régions. La distance importante entre ce site pour Apollo 16 et les sites des atterrissages des missions précédentes est un argument en faveur du site Descartes car il étend considérablement la taille du réseau d’instruments géophysiques installés par chacune des missions Apollo (à l’exception d’Apollo 11)23.

En ce qui concerne le site du cratère Alphonsus, trois objectifs scientifiques de grande importance sont identifiés : la recherche sur la face interne des rebords du cratère de roches datant d’avant la formation de la mer des Pluies, la détermination de la composition des terrains situés à l’intérieur du cratère et enfin la présence potentielle d’anciennes activités volcaniques sur le plancher du cratère situé au niveau de petits cratères présentant un halo sombre. Les géologues redoutent cependant que les échantillons de cette zone ne soient contaminés par des matériaux éjectés lors de la formation de la mer des Pluies, ce qui interdirait la découverte de matériaux plus anciens. À cela s’ajoute la crainte de réaliser une mission redondante par rapport aux missions Apollo 14 et 15 dont les échantillons sont en cours d’analyse pour la première et encore indisponibles pour la seconde23.

Pour toutes ces raisons, la région du cratère Descartes est retenue comme destination. À la suite de cette décision, le cratère Alphonsus est classé comme site prioritaire pour la mission Apollo 17. Il sera cependant finalement éliminé. Des photographies prises par la mission Apollo 14 sont utilisées pour s’assurer que les caractéristiques du site de Descartes permettent un atterrissage du module lunaire. Le site retenu pour la mission se situe entre deux cratères d’impact récents (les cratères « Ray » -« Rayon »- nord et sud), respectivement de 1000 et 680 mètres de diamètre, qui constituent des forages naturels à travers la couche de régolite et permettent ainsi aux astronautes d’accéder au socle rocheux 23.

Après avoir sélectionné le site d’atterrissage de la mission, les planificateurs déterminèrent que la collecte d’échantillons de roches issues des formations géologiques Cayley et Descartes constituaient les objectifs prioritaires des sorties extravéhiculaires que devraient effectuer les astronautes. Ce sont ces formations particulières que la communauté scientifique suspecte alors d’avoir été créées par une activité volcanique ; l’analyse des échantillons prélevés par l’équipage d’Apollo 16 prouvera que cette théorie était fausse23.

Source Wikipédia


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