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Binge drinking

Pratique du “binge drinking” chez les jeunes

Boire beaucoup d’alcool dans  un laps de temps très court : voilà le concept du binge drinking qui  sévit depuis dix ans en France  et dans la plupart des pays européens, principalement chez les jeunes. La part de ceux qui ont connu au moins trois ivresses dans l’année a presque doublé  en dix ans, passant de 15 à 29 % (baromètre santé 2014 de  l’Institut national de prévention  et d’éducation pour la santé).

Chez les étudiants,environ 40% des garçons et 16% des filles sont déjà connu un épisode de binge drinking. Et dans certaines promotions, la moitié des élèves reconnaissent avoir vécu un “trou noir”, une période d’ivresse qui ne leur a laissé aucun souvenir.

Ce phénomène laisse-t’il des traces dans le cerveau des jeunes adultes?

Oui. C’est la forme de consommation d’alcool la plus délétère pour la mémoire des jeunes. Pour notre étude européenne, AlcoBinge, nous avons séparé les jeunes en deux groupes: les binge drinkers, qui peuvent absorber jusqu’à 30 verres par session une à deux fois par semaine, et les “buveurs sociaux”, consommateurs réguliers d’alcool, mais de façon plus étalée dans la semaine. A un an d’intervalle, l’imagerie cérébrale a révélé une altération de la substance blanche (les fibres nerveuses garantes de la communication entre les zones du cerveau) plus importante chez les binge drinkers, notamment les garçons. Or, les capacités d’apprentissage et de mémorisation dépendent de ces fibres. L’étude de la matière grise (neurones) a, par ailleurs, confirmé une différence entre les deux groupes, mais cette fois, ce sont les filles qui sont les plus touchées par cette altération, notamment au niveau de l’hippocampe. L’une de leurs structures les plus altérées est liée aux émotions.

Quelles pourraient être les conséquences à long terme de cette pratique pendant sa jeunesse?

Addiction à l’alcool, problèmes psychologiques, émotionnels…Sur l’animal, nos expériences ont montré que des intoxications répétées chez le rat “adolescent” (deux premiers mois de sa vie) induisent une vulnérabilité à l’addiction à l’alcool à l’âge adulte (2 ans). Les rats adultes doivent consommer plus d’alcool pour obtenir une activation des circuits  cérébraux de la récompense ! Un besoin qui n’existe pas lorsque la consommation a été plus étalée au cours de l’adolescence de l’animal. On peut aussi craindre des effets neurotoxiques liés à l’alternance d’intoxications massives et de sevrages.  Même si les quantités consommées sont les mêmes que chez les buveurs sociaux, nos travaux sur les rats montrent que le cerveau se modifie pour contrer cette hyper alcoolisation, avec des dommages potentiellement durables en termes de fonctionnement cérébral, de mémorisation et d’apprentissage.

Michaël Naasilia.
Neurobiologiste, spécialiste des problématiques d’addiction à l’alcool (Inserm).


Humaniser la mondialisation

Eléments constitutifs de l’intervention à l’AG de la FEDEVACO (Rolle, 16 novembre 2011)

« L’humanisme est une vision, un programme, un projet toujours inachevé .
Il est de notre devoir en tant que responsable politique d’y prendre part et de transmettre le flambeau. »

Denys Jaquet – Nov 2011

De la Chine dans notre futur.
D’après le célèbre confucianiste Meng Ke, connu sous le nom de Mencius [372 – 289 av. J.-C.], l’homme possède quatre sentiments innés, tout comme il possède quatre membres. « La compassion est le commencement de la bienveillance, la honte est le commencement de la droiture, la modestie est le commencement du respect, le discernement entre le bien et le mal est le commencement de la sagesse. » Ces quatre sentiments différencient l’homme de l’animal, et ce n’est qu’en intégrant leur développement que l’homme peut réellement être considéré comme humain.
Les doctrines de Confucius et de Mencius ont constitué la pierre angulaire de la culture traditionnelle chinoise pendant des millénaires et restent dominantes aujourd’hui encore. Selon certains penseurs, c’est sous l’influence du confucianisme que les philosophes des Lumières du 18e siècle ont édifié la monumentale Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
La substance du nouvel humanisme ne peut être qu’enrichie avec les ingrédients de la culture chinoise. Avec l’évolution à grande vitesse de la société humaine, la construction d’un monde harmonieux, qui est depuis longtemps l’idéal universel de l’humanité, appelle à l’émergence du nouvel humanisme.

Liu Ji est président honoraire de la CEIBS (China Europe International Business School) et ancien vice-président de l’Académie chinoise des sciences sociales.
Adapté du discours « Embrace the Era of New Humanism » prononcé par Liu Ji lors du 9e Forum euro-chinois organisé les 27 et 28 juin au siège de l’UNESCO.

De l’Islam dans notre futur

L’humanisme n’est pas né dans l’Europe des 15e et 16e siècles. Cette période, dite de la Renaissance, a été l’un des moments de la longue histoire de l’humanisme, commencée deux mille ans plus tôt à Athènes et poursuivie durant l’Âge d’or de l’islam, entre les 9e et 12e siècles.
Les hommes de la Renaissance se sont explicitement référés à l’héritage de la Grèce ancienne, qu’ils ont réhabilitée et prise pour modèle. Mais ils ont voulu oublier le moment musulman de l’histoire de l’humanisme.

Au 9e siècle, à Bagdad, sous la dynastie des Abbassides, l’Islam est alors un empire immense, puissant et prospère, regroupant une multitude de populations, de religions et de cultures différentes. Sa capitale, Bagdad, compte un million d’habitants, alors que Rome en compte 30 000 et Lutèce à peine 10 000. La confiance règne en affaires, au point qu’une traite signée aux confins de l’Inde est respectée jusqu’au Maroc.

Les Falasifa (philosophes), poursuivent une démarche encyclopédiste, visant à embrasser toutes les sphères de la connaissance. Réhabilitant les disciplines profanes inaugurées par les Grecs – médecine, mathématique, astronomie, pharmacologie –, ils étudient la nature en soi, et non la nature comme témoin de la toute-puissance divine.

Les défaites militaires face aux Croisés autour de Jérusalem et face aux rois catholiques en Andalousie, puis les invasions mongoles mettront un terme à cet âge d’or.

Cependant, leurs oeuvres traduites de l’arabe au latin, seront enseignées dans toutes les universités européennes. Elles irrigueront, pendant plusieurs siècles, les grands débats qui déboucheront sur la pensée de la Renaissance.

Mahmoud Hussein est politologue et islamologue egyptien.
Dernier ouvrage paru : Penser le Coran. Folio Essais,
Gallimard. 2011.

Vers un humanisme nouveau
Ce que l’homme occidental appelle depuis quatre siècles humanisme, c’est l’ambition de se rendre maître de lui-même et de l’univers par l’exercice de son activité intellectuelle isolée du reste de sa vie. […] Ce qu’il a appelé le domaine de l’homme complet, c’est la prise en considération du monde entier par l’homme réduit à une partie de lui même.
Il faut revenir de cette erreur pour corriger l’humanisme et pour l’élargir.
Mais le mouvement nécessaire aujourd’hui est de libérer la vie de l’esprit des limites où l’esprit occidental l’a longtemps tenue captive.
L’humanisme nouveau sera celui où les méthodes de conduite et de travail que l’intelligence occidentale a su acquérir sauront s’appliquer à la redécouverte de domaines spirituels longtemps désertés.
L’intelligence alors, au lieu de faire courir à l’homme les risques qui découlent de ses présomptions et de ses usurpations, n’aura pas trop de toute sa vivacité et de toute sa force pour servir la cause de l’homme vraiment complet cette fois : non pas de l’homme dévié dans le matériel par le cérébral, mais l’homme uni, corps et âme, pour affronter son mystère par sa conscience.

Nous croyons que si cet humanisme-là venait à s’établir, l’Orient et l’Occident verraient s’effacer beaucoup de ce qui les sépare, et apparaître tout ce qui les unit – et qui unit tout le genre humain.

Le document intégral, rédigé par l’écrivain français
André Rousseaux, peut être consulté aux archives
numériques de l’UNESCO :
www.unesco.org/new/unesco/resources/publicatio
ns/unesdoc-database/

Sept pistes pour l’avenir de l’humanité
Si, de nos jours, l’arbre vaut pour le bois qu’il produit, et l’animal pour la viande et le cuir
qu’il fournit, si la valeur s’est transformée en prix, c’est que le projet humaniste s’est dévoyé au fil des siècles, estime Cristovam Buarque. La prise en compte des défis planétaires est la condition première pour qu’émerge un nouvel humanisme fondé sur l’idée d’une modernité éthique.

Né de la fusion d’une pensée grecque revivifiée et de l’affirmation de la primauté de l’homme sur la Terre, l’humanisme tel qu’il est apparu à la Renaissance a érigé l’homme en être distinct du reste de la nature : à part et dominateur. Cette vision a non seulement triomphé, mais elle s’est trouvée renforcée par la toute-puissance de l’homme et les transformations que celui-ci a imprimées à la nature.

L’avenir incertain de notre planète nous impose de repenser le projet humaniste qui devrait, de mon point de vue, reposer sur sept piliers.

  • Promouvoir une politique planétaire
  • Respecter la diversité des cultures
  • Mieux protéger l’environnement
  • Valoriser une production maîtrisée par l’homme
  • Intégrer par l’éducation
  • Affirmer la modernité éthique

Sénateur et professeur de l’université de Brasilia, Cristovam Buarque a été ministre de l’Education en 2003. Il a consacre sa vie politique notamment a la lutte en faveur de l’alphabétisation, de la mise en oeuvre d’une reforme agraire, de l’amélioration du système de sante brésilien et de l’amélioration des conditions de l’emploi au Brésil.

Dès le Sommet de Rio en 1992, il a fait l’objet du chapitre 2 de l’Agenda 21 de Rio :

« Afin de relever les défis que représentent l’environnement et le développement, les États ont décidé d’établir un nouveau partenariat mondial, qui exige que tous les États poursuivent un dialogue constructif, inspiré par la nécessité de rendre l’économie mondiale plus efficace et plus équitable, compte tenu de l’interdépendance croissante de la communauté des nations et de la nécessité de donner la priorité au développement durable dans le programme d’action de la communauté internationale.

Il est reconnu que, pour assurer le succès de ce nouveau partenariat, il est important de surmonter les affrontements et de promouvoir un climat de coopération et de solidarité véritable. Il est également essentiel de renforcer les politiques nationales et internationales et la coopération afin de s’adapter aux nouvelles réalités ».


La bombe à neutrons mérite-t-elle vraiment d’être une vedette de l’actualité?

La bombe à neutrons mérite-t-elle vraiment d’être une vedette de l’actualité?

Autor(en): Jaquet, Denis
Objekttyp: Article
Zeitschrift: Revue Militaire Suisse
Band (Jahr): 127 (1982)
Heft 11
bombe
Explosion nucléaire à Mururoa le 3 juillet 1970 (Tir Licorne, 1 MT).

Née de l’imagination voici plus de trente ans, la bombe à neutrons ou bombe à radiation renforcée, dont le premier essai aurait eu lieu en 1958 au large de Johnston dans le Pacifique, n’a jamais fait autant de bruit que ces derniers mois.
Bombe tueuse et capitaliste pour certains, véritable arme miracle capable de dissuader tout agresseur pour d’autres, elle ne mérite sans doute ni cet excès d’indignation, ni cet éloge d’efficacité.

Neutrons

  • Rayonnement ayant une longueur de parcours très grande. Les neutrons ne sont pratiquement pas ralentis dans l’air. Ils pénètrent profondément dans l’organisme où ils sont ralentis en provoquant des dégâts biologiques importants.

Historique
Issue de recherches faites aux USA, en URSS et en France, la bombe N est dans le domaine des armes nucléaires le résultat d’une réelle mutation engagée dès la fin des années 1960.
En effet, la course au développement et la mise au point d’engins n’avait été jusqu’alors axée que sur la puissance et le gigantisme. De l’énergie de 20 kt «équivalent TNT» dégagée par la bombe A d’Hiroshima, on était rapidement passé à 200 kt, puis à 800 kt, pour parvenir enfin à la bombe H mégatonnique capable d’anéantir une super-grande ville.
Très vite, le pouvoir destructeur de ces armes interdit leur utilisation sur le champ de bataille, conduisant à la stratégie de dissuasion, à l’équilibre de la terreur (aucun pays n’osant déclencher le feu nucléaire sans risquer son propre anéantissement). Alors, un étrange sentiment de malaise se mit à envahir peu à peu les stratèges. Devant le statu quo que représentait le pouvoir destructeur de ces armes, ainsi que l’incertitude dans laquelle leurs manipulations pouvaient entraîner l’humanité, le concept de dissuasion ne perdait-il pas une grande partie de son sens? Ne fallait-il pas renoncer à l’arme nucléaire pour repousser un agresseur? Non bien sûr, et l’on se tourna vers la fabrication d’armes nucléaires dites «tactiques», de faible puissance et aux effets mesurés.
Depuis 1970, toute une panoplie de bombes nucléaires spécifiques est en train de naître, présentant un effet prioritaire parmi les cinq initialement développés par la bombe standard d’Hiroshima : effet de choc, effet incendiaire, irradiation électro-magnétique, irradiation neutronique et radioactivité résiduelle.

Article complet paru dans la Revue Militaire Suisse 1982


Le livre blanc de la jeunesse

Jeunesse

La santé des jeunes à l’image de notre société

Passage obligé entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescence est un envol vers de nouveaux horizons: formation de l’image de soi, choix d’une orientation professionnelle, découverte de la sexualité, etc. C’est aussi le temps du renoncement à l’enfance et d’un détachement des parents. Au cours de cette étape décisive, les adolescents adoptent des comportements qui influenceront leur avenir et leur santé (pratique sportive, consommation de drogues, etc.).

HBSC et SMASH, deux recherches nationales réalisées en 2002, financées par l’Office fédéral de la santé publique et les cantons, offrent une évaluation étendue de l’état de santé et des besoins des adolescents de 11 à 20 ans.

Voici résumé ce qui ressort de ces deux études et dont nous devons prendre conscience dans la conduite de notre politique régionale notamment en matière de prévention.

Il s’agit ici de pas mal de données chiffrées, mais très révélatrice cependant.

Santé

  • La majorité des adolescents se sentent en bonne santé, mais…même si la majorité s’estime en bonne santé, divers maux sont assez fréquents (tête, dos, sommeil, etc.). De plus, tous les jeunes ne sont pas égaux devant la santé: le sexe et la filière professionnelle jouent un rôle, tout comme les parents et l’éducation.
  • Une large minorité rencontre des difficultés psychosociales A l’adolescence la situation peut évoluer rapidement et la plupart des problèmes se résoudre spontanément.

Cependant, entre 10 et 20% des jeunes cumulent les difficultés: ce sont par exemple souvent les mêmes jeunes qui consomment des substances psychoactives et qui sont plus déprimés. La plupart des jeunes consultent un professionnel de la santé au moins une fois par an (médecin, psychologue, etc.).Cependant, les questions psychosociales semblent encore peu abordées.

  • Péjoration des troubles du comportement alimentaire et des dépendances.

L’usage de drogues et les troubles de la conduite alimentaire ont augmenté au cours des

dix dernières années, et il semble aussi que la consommation de drogues débute plus tôt.

  • Les habitudes saines diminuent avec l’âge.

En grandissant, les jeunes ont tendance à abandonner certains comportements favorables à la santé comme une alimentation équilibrée, une activité physique régulière ou encore l’utilisation du préservatif.

Sommeil

  • Le sommeil et ses troubles occupent une place considérable à l’adolescence: chez les 11-16 ans, 32% des filles et 24% des garçons se sentent fatigués plusieurs fois par semaine voire tous les jours et chez les 16-20 ans, 54% des filles et 45% des garçons ont l’impression d’être tout le temps fatigués.

Alors qu’en théorie les besoins en heures de sommeil croissent à l’adolescence, dans la pratique, la majorité ne dort pas assez. Ce manque de sommeil peut être provoqué par un changement physiologique du rythme nycthéméral à l’adolescence ou par un excès d’activités nocturnes. Mais cela peut aussi être le signe de troubles psychosociaux.

Bruit

  • Le bruit peut nuire à la santé: les concerts et les discos, comme parfois les baladeurs ou

le travail, exposent les jeunes à des niveaux sonores trop élevés qui peuvent endommager l’audition. Chez les 16-20 ans, 34% ont déjà subi un traumatisme acoustique, et 4% d’entre eux disent souffrir d’un acouphène (sifflement) persistant.

Atteinte physique

  • 10% des jeunes en formation (16-20 ans) souffrent d’un handicap physique (lésion qui atteint l’intégrité du corps et limite son fonctionnement) ou d’une maladie chronique (qui dure au moins 6 mois et qui peut nécessiter des soins réguliers).

Entre 20% et 45% d’entre eux ne peuvent pas participer au même type et/ou à la même quantité d’activités que leurs pairs.

Il faut s’assurer qu’ils trouvent leur place dans la société.

Alimentation

  • En grandissant, les jeunes sautent de plus en plus de repas, en particulier le petit déjeuner et le souper. Puis après la scolarité obligatoire les pauses raccourcissent et les trajets jusqu’à l’école ou au travail s’allongent. Ainsi il arrive souvent qu’à midi les jeunes ne se contentent que d’un snack.
  • Déjà entre 11 et 16 ans, beaucoup de jeunes ont une alimentation peu équilibrée. Seule une minorité mange tous les jours des légumes (38% des filles et 30% des garçons) ou des fruits (40% des filles et 30% des garçons). En revanche, ils sont autant à consommer chaque jour du chocolat (27% des filles et 28% des garçons) et des limonades (26% des filles et 37% des garçons).

Suite à une alimentation peu équilibrée et à un manque d’activité physique, une part croissante de jeunes souffrent de surcharge pondérale.

Activités physiques

  • A partir de 16 ans, les jeunes abandonnent le sport en premier lieu par manque de temps (60% des filles et 47% des garçons), parce qu’ils préfèrent d’autres activités (37% des filles et 43% des garçons), qu’ils ont la flemme (27% des filles et 29% des garçons), qu’ils ont un travail physiquement dur (11% des filles et 29% des garçons) ou encore qu’ils n’aiment pas le sport (26% des filles et 22% des garçons).

Tabac

  • La situation est plutôt inquiétante, car les jeunes fument plus et plus tôt qu’il y a dix ans. Or, plus un poumon est jeune, plus il est sensible aux méfaits du tabac. En outre, plus un jeune commence tôt à fumer, plus il a de risques de rester fumeur et c’est justement à l’adolescence que la plupart du temps débute l’usage du tabac: le pourcentage de fumeurs quotidiens est de 4% chez les filles et de 6% chez les garçons de 13-14 ans, respectivement de 19% et 18% à 15 ans, et enfin de 30% et 40% à 20 ans (les élèves fumant nettement moins que les apprentis).

Alcool

  • La consommation d’alcool a nettement augmenté en 10 ans, surtout chez les filles : en 1993, 28% des filles de 16 à 20 ans buvaient de l’alcool une ou plusieurs fois par semaine contre 42% en 2002 (garçons: de 56% à 67%). L’apparition sur le marché de boissons alcoolisées sucrées, au goût agréable, a joué un rôle important, notamment chez les jeunes adolescentes. De plus, les taux d’ivresse ont nettement augmenté et touchent aussi les plus jeunes.

Attention aux accidents: le taux de jeunes (16-20 ans) qui conduisent souvent un véhicule en état d’ivresse est passé de 16% en 1993 chez les garçons à 28% en 2002 et de 3% en 1993 chez les filles à 8% en 2002.

Cannabis/drogues

  • Près de la moitié des adolescents ont déjà consommé du cannabis à 15 ans (un des taux les plus élevés d’Europe). Toutefois, la majorité des consommations restent récréatives. Il faut par contre s’inquiéter de l’augmentation considérable de la consommation régulière, qui a des répercussions négatives sur la santé.

Les jeunes de 16-20 ans qui déclarent consommer beaucoup d’alcool et de cannabis montrent en même temps un grand besoin de sensations fortes. Il est bien probable qu’ils cherchent à satisfaire ce besoin en consommant de l’alcool ou du cannabis. Ils prennent aussi beaucoup plus d’autres drogues (p.ex. ecstasy). Un bon tiers d’entre eux disent avoir besoin d’aide concernant leur consommation de drogues.

Mais pour beaucoup, l’alcool et les drogues ne sont pas les seuls problèmes: la moitié des garçons concernés ont été plusieurs fois impliqués dans des actes de délinquance pendant l’année précédente. Et parmi les filles concernées, 18% sont dépressives et presque la moitié d’entre elles ont eu des idées suicidaires concrètes durant les douze derniers mois.

La plupart des jeunes déclarent avoir confiance en eux-mêmes et en l’avenir… mais beaucoup auraient besoin d’aide pour des problèmes de stress et de tristesse.

  • Parmi les jeunes de 11 à 16 ans, 90% affirment se sentir généralement heureux. Pour ce qui est de la confiance en soi, les réponses sont positives chez 70% des filles et 85% des garçons. Chez les 16-20 ans plus de 90% pensent qu’ils vont réussir leur formation et trouver par la suite un travail.

Chez les 16-20 ans, près de la moitié des filles (48%) souhaitent de l’aide pour résoudre des problèmes de stress et de nervosité (28% des garçons). Concernant la tristesse et la déprime 34% des filles et 19% des garçons déclarent avoir besoin de soutien. Sur la base des réponses fournies à une série de questions, près d’une fille sur 10 et d’un garçon sur 20 peuvent être considérés comme dépressifs au moment du sondage. Ces chiffres semblent être restés stables au fil des ans.

Trop de tentatives de suicide passent inaperçues

  • Il est courant de songer au suicide durant l’adolescence: chez les 16-20 ans, 21% des filles et 15% des garçons ont eu de telles idées durant l’année qui a précédé le sondage.

Cela devient alarmant quand l’intéressé(e) a déjà échafaudé des plans concrets. Dans ce cas, une aide s’impose. Chez les 11-16 ans, 3% des filles et 2% des garçons ont déjà essayé d’attenter à leurs jours. Chez les 16-20 ans, c’est le cas de 10% des apprenties, de 4% des filles élèves, de 5% des apprentis et de 2% des garçons élèves. Parmi ces jeunes, seule une minorité a eu quelqu’un à qui parler de sa tentative de suicide.

Parmi les 16-20 ans qui affirment avoir essayé de mettre fin à leurs jours, 40% disent avoir fait plus d’une tentative. Il faut y voir un signe que l’encadrement des jeunes n’est pas suffisant après une première tentative de suicide.

Violence et actes de délinquance

  • La violence subie peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Elle est particulièrement nocive quand elle est le fait des proches: alors que 10% des 16-20 ans craignent d’être frappés par leurs parents, 12% des 11-16 ans disent l’être effectivement, dont 3% régulièrement. Le caractère tabou du mobbing (harcèlement psychologique) ou de la violence au sein de la famille pose un problème supplémentaire.

Les victimes ont souvent un grand sentiment d’impuissance. Elles auraient besoin d’être soutenues par des adultes.

Tandis que 60% des 16-20 ans déclarent n’avoir commis aucun acte de délinquance au cours des 12 derniers mois, 29% reconnaissent 1 à 2 actes de ce genre et 11% (3% des filles et 19% des garçons) affirment en avoir commis au moins 3 au cours de l’année précédente. Ces jeunes ont aussi plus de problèmes que leurs camarades dans d’autres domaines: ils sont davantage sujets à la dépression et plus souvent victimes de violence, consomment en moyenne plus d’alcool et de drogues, portent un regard plus sombre sur leurs perspectives d’avenir et citent plus de problèmes pour lesquels ils auraient besoin de soutien. Un comportement agressif se manifeste souvent très tôt et les interventions à l’âge préscolaire s’avèrent particulièrement efficaces.

Sexualité

  • L’usage du préservatif baisse avec l’âge. Il est probable que lors d’une relation amoureuse stable, une partie des adolescents l’abandonnent au profit de la pilule contraceptive notamment. Par contre, il faut s’inquiéter du pourcentage d’adolescents qui n’ont utilisé aucun moyen de contraception (près de 2%) ou des moyens douteux comme le retrait ou le «calcul» de la période favorable (plus de 10% chez les 14-16 ans). On peut supposer que, pour les plus jeunes, il est particulièrement difficile de formuler leurs besoins et leurs souhaits notamment en matière de contraception et de protection de maladies sexuellement transmissibles.

Parmi les filles de 16 à 20 ans, 5% des apprenties et 2% des élèves disent s’être trouvées enceintes; 72% d’entre elles ont recouru à une interruption, 19% ont vécu un avortement spontané et 9% ont poursuivi leur grossesse. Ces grossesses semblent dépendre de facteurs sociaux: elles concernent 7% des filles de nationalité étrangère contre 3% de nationalité suisse. Par contre, les taux d’interruption volontaire sont semblables entre les filles de nationalité suisse ou étrangère, ce qui suggère un accès identique aux soins.

La famille reste importante…

  • La grande majorité des 16-20 ans (90%) vivent encore chez leurs parents. La plupart des jeunes estiment avoir une bonne relation avec leurs parents. La famille reste aussi un endroit important pour parler de ses problèmes. Du fait de l’importance de la relation des jeunes avec leurs parents, les conflits familiaux sont particulièrement accablants.

La relation parents-enfants se met rapidement en place et la qualité de cette relation dépend de plusieurs facteurs tels que l’assurance avec laquelle les parents remplissent leur rôle, les charges qui pèsent sur eux, leur intégration sociale, les possibilités de garde lorsque les deux parents travaillent et le soutien sur lequel ils peuvent compter en cas de difficultés. Les facteurs propres à l’enfant (par ex. son tempérament) jouent aussi un rôle.

Les présents résultats ne montrent pas un lien direct entre la relation avec les parents et divers problèmes. Il est toutefois intéressant de relever dans quelle mesure les 16-20 ans qui témoignent d’une meilleure relation avec leurs parents indiquent aussi moins de problèmes de santé.

Perspectives d’étude et d’emploi

  • 90% des 16-20 ans sont sûrs de terminer leur formation et de trouver plus tard un emploi. Toutefois un cinquième des 11-16 ans se sentent stressés par l’école. Une proportion  analogue d’apprentis se sentent perturbés par plusieurs facteurs de stress au travail (4 à 6 facteurs dont la pression du temps et la responsabilité). Dans les deux tranches d’âges, 80% des jeunes estiment qu’ils se sentent bien en classe ou au travail.

Sur la base de ce sondage unique, nous ne pouvons pas conclure qu’il y ait un lien de causalité entre l’ambiance qui règne à l’école et la santé.

Néanmoins, les 16-20 ans qui jugent l’ambiance de leur école en des termes positifs signalent moins de problèmes.

Sur la base d’autres études, nous pouvons présumer qu’une bonne ambiance à l’école a aussi des effets positifs sur la qualité de vie et sur la santé.

Des pistes pour l’avenir

Les résultats HBSC-SMASH 2002 et de nombreuses autres recherches le montrent clairement: la qualité de l’environnement et les relations interpersonnelles (famille, amis) ont une influence déterminante sur l’état de santé des jeunes.

Une relation solide avec les parents joue un rôle central pendant toute l’enfance et l’adolescence.

Pour assumer leur tâche, les parents ont besoin de conditions économiques et sociales favorables. Il s’agit aussi de soutenir toutes les offres qui les confortent dans leur rôle dès la petite enfance (puériculture) mais aussi à l’adolescence (centre Sésame).

L’école est le deuxième cadre de vie important des enfants et des adolescents.

D’où la nécessité d’y soutenir une promotion globale de la santé. Certaines conditions sont particulièrement favorables à la santé (et aux performances scolaires), notamment:

  • Des objectifs clairs et un retour régulier de la part du corps enseignant
  • La participation des jeunes à l’organisation de la vie scolaire
  • Une attitude responsable et respectueuse des élèves envers leurs camarades et un climat dans lequel enfants et adolescents n’ont pas à craindre le mobbing, ni d’autres attaques
  • Des conditions de travail et d’apprentissage qui ménagent la santé

Ce qui a été dit pour l’école vaut aussi pour l’entreprise où les jeunes font leur apprentissage. Les facteurs qui influencent la santé sont les mêmes pour les apprentis et les collaborateurs adultes.

La possibilité de participer à la vie sociale est particulièrement importante durant l’adolescence. Les associations de jeunesse, les clubs sportifs et les centres de loisirs offrent aux jeunes divers contacts et expériences avec des adultes et des camarades de leur âge. En outre, les projets qui permettent non seulement de participer, mais aussi de s’engager pour d’autres et de prendre des responsabilités renforcent chez les jeunes la conviction d’avoir une emprise sur leur propre vie.

De bonnes conditions cadres politiques et juridiques sont requises pour que les jeunes trouvent en famille, ainsi que dans le cadre de leur formation et de leurs loisirs, un environnement favorisant leur santé. Citons à titre d’exemples la politique familiale et la politique de la formation, la loi sur le travail, la planification du trafic et du quartier, ainsi que les réglementations dans le domaine des stupéfiants (publicité, distribution). Il incombe donc aux politiciens d’examiner les répercussions de leurs décisions sur la santé des enfants et des adolescents.

Les jeunes en difficulté ont tendance à accumuler les problèmes: déprime, rapports sexuels non protégés, abus de substances, manque de perspectives d’avenir. Des consultations faciles d’accès, comme les services de santé scolaires, les plates-formes de consultation et d’information Internet ou encore les projets de prévention permettent un conseil et une prise en charge rapide. Le travail des animateurs de rue est aussi un bon moyen de venir en aide aux jeunes marginalisés.

Toute rencontre individuelle avec un jeune en difficulté constitue une opportunité de prévention. Les professionnels de la santé et du secteur socio-éducatif devraient être mieux sensibilisés et formés à cette activité.

Les jeunes ont souvent des idées utiles pour développer des nouvelles interventions. Il est donc capital de les intégrer à toutes les activités de promotion de la santé en tenant compte des différences de perception entre filles et garçons.

Pour les communes d’une certaine importance, la création d’une commission jeunesse pourrait être le point de départ d’une action montrant l’intérêt que nous portons à nos jeunes.


Bibliographie:

Dernières publications: «Politiques sociales pour le XXIe siècle» (2001),
«Dictionnaire suisse de politique sociale» (nouv. éd., 2002), tous deux aux Ed. Réalités sociales (Lausanne).
A lire également sur l’histoire des baby-boomers: «Les baby-boomers: une génération 1945-1969», de Jean-François Sirinelli, Fayard, 2003.
Höpflinger, F., Hugentobler V., Soins familiaux, ambulatoires et stationnaires de personnes âgées en Suisse – Observations
et perspectives; Parution : fin 2005 aux Editions Médecine & Hygiène ; Actuellement disponible uniquement en allemand aux Editions Hans Huber
Rapport 2005 du Département de la santé, des affaires sociales et de l’énergie
Service de la santé publique du canton du Valais
Office fédérale de la statistique  Espace de l’Europe 10 2010 Neuchâtel / Suisse
Extraits de l’exposé des motifs et projet de loi modifiant la Loi scolaire du 12 juin 1984

Etude sur la politique culturelle à Rolle

(Rapport complet à télécharger en PDF)

Préambule
En fin de législature 2006-2011, le Municipal en charge a souhaité clarifier et formaliser l’engagement de l’Exécutif en faveur de la culture en réalisant une photographie de l’offre culturelle actuelle, de son subventionnement, et établir des propositions d’axes et de critères pour le développement d’une politique culturelle cohérente.
L’offre culturelle à Rolle est caractérisée par une relative richesse et diversité, elle constitue cependant une « mosaïque éclatée », mal connue. Il n’existe en effet pas à ce jour d’information centralisée concernant cette offre culturelle. De même, l’action de la Municipalité en faveur de la culture est peu lisible. Les termes « culture » ou « affaires culturelles » n’apparaissent pas dans le libellé des comptes, et il n’existait pas encore à Rolle, il y a peu de « délégué culturel » ou de « service des affaires culturelles ».
Egalement, les différentes rubriques des budgets et des comptes de la Ville ne permettent pas non plus d’appréhender facilement l’action municipale. Certains soutiens font l’objet d’une ligne séparée dans les comptes, d’autres comptabilisés dans le cadre d’ « enveloppes », selon une logique historique, parfois difficilement compréhensible. Il est ainsi difficile d’articuler des chiffres précis sur les dépenses de la Ville dans le domaine de la culture. Une analyse des comptes de la Ville permet d’estimer les dépenses nettes en faveur de la culture en 2007 à 1’440’000.- de francs si l’on prend en compte le coût lié aux bâtiments communaux qui abritent des institutions culturelles financées ou subventionnées par la Ville, et à 440’000.- francs si l’on ne tient pas compte du coût de ces bâtiments.
La plus grande partie du budget de la culture permet en effet de financer les amortissements des investissements effectués pour le complexe du Casino, la bibliothèque et le Château. Si l’on ne tient pas compte du coût des bâtiments, c’est au domaine « théâtre du Casino » qu’est consacrée plus de la moitié des ressources allouées par la Ville à la culture.

L’action de la Municipalité en faveur de la culture ne se limite cependant pas à un soutien financier : elle met également à disposition des infrastructures, dont les sociétés locales peuvent disposer gratuitement au moins une fois par an, et exempte ces sociétés de l’impôt sur les divertissements. On considère souvent que cet impôt permet de faire participer les « non Rollois » au financement des *prestations.
Une commission consultative a été mise en place il y a quelques années pour conseiller la Municipalité dans le domaine culturel. Cette commission est cependant volontairement mis en attente depuis 2009 en raison notamment d’une redéfinition des tâches dans presque tous les secteurs du développement culturel rollois.
La Municipalité décerne également une distinction « Prix de la Ville », dans le cadre de la cérémonie des « Mérites rollois » organisée à l’origine en collaboration avec l’USL, mais cette dernière semble aujourd’hui ne plus exister. La Municipalité a par conséquent repris au nom de la commune l’organisation de cette cérémonie en la combinant avec l’accueil des nouveaux habitants.
Dès lors, il est proposé que la Municipalité décide de mener une politique culturelle de proximité, fondée sur les cinq axes suivants :

  • Animer la Ville
  • Favoriser l’accès à la culture
  • Former les jeunes à la culture
  • Mettre en valeur le patrimoine
  • Promouvoir la création

Pour assurer la cohérence générale de l’action municipale dans le champ culturel, il est proposé de réviser le rôle et la composition de la commission consultative de la culture. Il est aussi proposé que l’ensemble des subventions ordinaires et extraordinaires – y compris celles accordées aux sociétés locales – soient examinées à intervalles réguliers par cette commission consultative qui serait chargée d’attirer l’attention sur d’éventuelles divergences d’interprétation des critères de subvention. Pour assurer la lisibilité de l’action municipale, il est aussi proposé de réviser le libellé du budget et des comptes, et dans ce contexte que les différentes subventions ordinaires fassent l’objet d’une ligne aubudget, qui devrait continuer de comprendre également une enveloppe pour des subventions extraordinaires garantissant la souplesse nécessaire au régime d’aide à la culture.
Il est enfin proposé que des procédures publiques et transmissibles soient établies pour tout ce qui touche aux aspects pratiques de la vie culturelle (location de locaux, salles, etc., autorisations à demander, affichage..), et qu’une réorganisation interne à l’administration soit envisagée, qui pourrait consister à confier toutes ou la plupart des activités actuellement menées à une seule personne qui deviendrait également responsable de l’information en matière culturelle.


Les ancêtres et l’échelle du temps

Les plus vieux ancêtres des humains (Homo sapiens) clairement différenciés des autres primates datent de 6 ou 7 millions d’années et ont été découverts en Afrique. On a identifié deux espèces (Orrorin tugenensis et Sahelanthropus tchadensis) qui marchaient probablement sur deux jambes. Mais ces Australopithèques avaient de longs bras de gorilles et de petits cerveaux; 4 millions d’années plus tard, les cerveaux se mirent à croître et on commença à utiliser les pierres comme outils. Ces changements sont caractéristiques de notre genre – Homo. Il y a environ 1,8 million d’années, l’Homo erectus devint un chasseur-cueilleur et se répandit en Afrique et en Asie. Les quelques centaines de millénaires suivants furent témoin de l’évolution des Néandertaliens en Europe, des hominidés de Denisova en Asie et en Afrique et, il y a environ 200 000 ans, de l’Homo sapiens. Cette espèce quitta l’Afrique et atteignit l’Australie il y a 60 000 ans, l’Europe il y a 40 000 ans, et l’Amérique du Sud il y a 15 000 ans. L’analyse de l’ADN mitochondrial a confirmé que la mère de tous les humains modernes (l’Ève mitochondriale) venait d’Afrique. L’ADN démontre aussi que, en dépit de quelque consanguinité avec les homininés de Néandertal et de Denisova, les humains modernes quittèrent l’Afrique et remplacèrent graduellement tous les autres humains habitant la Terre.

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L’utilisation des outils

La fabrication et l’utilisation des outils sont ce qui distingue l’humain des autres hominidés. Depuis la découverte de l’Homo habilis (l’homme habile) par Louis Leakey en 1964, le maniement des outils est devenu la marque de notre genre, ce qui l’a séparé des autres espèces humaines primitives et des autres primates. Les scientifiques découvrent de plus en plus à quel point l’utilisation des outils est importante pour les humains et autres hominidés. Les chimpanzés se servent fréquemment d’outils; ils ont des armes ressemblant à des lances pour la chasse et se servent de pierres pour briser les noix. Ils utilisent aussi des bâtonnets pour attraper fourmis et termites, et pour recueillir le miel. Les orangs outangs se servent de bâtons pour ouvrir les fruits épineux et on en a même vu se protéger les mains des épines avec des feuilles. Les gorilles utilisent des bâtons pour juger de la profondeur de l’eau lorsqu’ils traversent un marécage ou comme canne. Ces observations nous confirment que l’utilisation des outils commença bien avant l’évolution humaine et était déjà l’apanage de notre ancêtre commun il y a plus de 12 millions d’années. Bien sûr, l’humain se sert des outils d’une façon créative et innovatrice comme nulle autre espèce. Nous améliorons sans cesse non seulement leur fonctionnalité, mais aussi leur esthétique.

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Le cerveau

Les humains ont un cerveau exceptionnellement gros. Depuis notre ancêtre commun avec les chimpanzés, il y a 6 millions d’années, le cerveau humain a connu une croissance sans précédent. Le cerveau humain pèse en moyenne 1,3 kg, alors que celui des chimpanzés pèse environ 500 g. L’étude des fossiles de la lignée des humains nous permet de suivre de près cette évolution qui se fit durant 4 millions d’années. Grâce à l’étude des crânes fossilisés, les scientifiques ont découvert que les Australopithèques, parmi les premiers hominidés, avaient un cerveau comparable à celui de nos chimpanzés modernes. Il y a 1,5 million d’années, le cerveau de l’Homo erectus avait doublé. Au cours de l’évolution, et jusqu’à aujourd’hui, cette augmentation remarquable a continué. Les plus gros spécimens de cerveau (1,5 kg) furent trouvés chez les Néandertaliens européens vieux de plusieurs dizaines de millénaires. S’il est évident qu’un cerveau plus gros procure des habiletés cognitives accrues, il n’en demeure pas moins que la raison spécifique de ce développement reste source de débats passionnés. Quelques raisons ont émergé: le développement du langage, les outils, la vie sociale et même la ruse tactique – tous éléments pouvant procurer de nets avantages à ceux qui les possèdent et les maîtrisent.

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Le langage humain

Les études sur l’évolution du langage se sont d’abord concentrées sur le symbolisme et la nécessité d’acquérir un langage complexe afin de le traduire en mots. Des études récentes ont démontré que des besoins plus fondamentaux ont motivé ce développement. Pour qu’il y ait langage, les humains doivent avoir les capacités physiques d’entendre et d’émettre des mots. Les premiers signes de changements anatomiques associés au langage sont apparus chez l’Homo erectus, dont la colonne vertébrale élargie offrait probablement un meilleur afflux d’air et permit l’apparition des cordes vocales. On a constaté un autre changement chez les Néandertaliens: l’os hyoïde, où s’ancre la langue, possède la même forme en fer à cheval que celui des humains. Ces découvertes nous laissent croire que l’appareil vocal humain tel que nous le connaissons est apparu il y a au moins 450 000 ans. L’appareil auditif évolua aussi: les humains sont les seuls primates capables de percevoir des fréquences sonores de 4 kHz. C’est à cette fréquence que sont prononcées bien des lettres muettes, dont la perception est cruciale pour comprendre certains mots. Des études de fossiles de l’oreille interne ont indiqué que cette capacité a probablement été acquise par l’Homo heidelbergensis il y a un million d’années.

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L’évolution modifiée par les humains

Tous les organismes s’adaptent à leur environnement, un processus qui mène à l’évolution des espèces par la sélection naturelle. Mais, il y a environ 10 000 ans, un nouveau type de sélection survint: la sélection humaine. À ce moment, les humains troquèrent leur vie de chasseurscueilleurs pour un mode de vie plus sédentaire basé sur l’agriculture. La sélection joua un rôle-clé dans ce processus: choisir les herbes aux plus grosses graines (les ancêtres de nos blé et orge) et choisir les animaux les plus gros et les plus productifs. Un autre aspect de ce processus fut l’élevage, les humains apprenant à faire des croisements et à assurer la meilleure descendance des espèces afin de satisfaire leurs propres besoins. À l’origine, ces besoins étaient purement d’ordre nutritionnel, or depuis peu, ils ont évolué vers la production de bioénergie et de produits pharmaceutiques. Les humains se sont faits agents de la sélection artificielle et, durant le processus, ils ont développé une puissance capable de rivaliser avec celle de la sélection naturelle. En altérant et en modifiant ainsi notre environnement, nous avons aussi, involontairement, modifié l’évolution des espèces. Les conséquences les plus néfastes se manifestent par la résistance des bactéries aux antibiotiques, des plantes aux herbicides, des insectes aux insecticides et des rongeurs aux poisons.

Le futur de l’évolution humaine

La population terrestre augmente de plus de cent individus chaque minute. Ces changements massifs influencent absolument tout sur notre planète, y inclus notre propre futur évolutif. Voici un exemple d’évolution récente: la capacité des adultes à digérer le lait a fait muter un gène qui interrompt la production de lactase chez l’adulte. Quand cette mutation s’est produite, il y a environ 10 000 ans, les humains vivant dans de petites populations d’Europe furent avantagés par l’abondante production laitière des vaches nouvellement domestiquées et ainsi, le nouveau gène se répandit rapidement à travers ces populations voisines. Une telle chose ne se produirait probablement pas de nos jours, puisque l’évolution a surtout lieu parmi les très petites populations isolées, ce qui indique qu’avec la nature de plus en plus interreliée de notre monde, la planète globale, nous avons inversé le processus naturel d’adaptation mis en place au fil du temps. Et nous sommes sur le point de connaître d’encore plus grands changements: si la société s’y résout, les mutations génétiques permettront bientôt aux parents de choisir le destin génétique de leurs enfants. Le genre humain est le résultat extraordinaire de la sélection naturelle, mais nous nous dirigeons bien au-delà du concept de Darwin de survie du mieux adapté.

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Tout l’or du monde vient d’étoiles à neutrons

L’or a beau se trouver dans les entrailles de la Terre, il tombe du ciel. Et c’est un rare cataclysme stellaire qui en serait à l’origine, viennent d’élucider les astrophysiciens.

Cette fois, c’est la bonne. Les chercheurs en sont persuadés : ils connaissent l’origine de l’or. Ils savent enfin dans quels chaudrons cosmiques ses atomes ont été forgés, avant d’être éparpillés dans l’espace et incorporés dans le nuage qui forma le système solaire, puis de s’accumuler dans les entrailles de la Terre et d’être mis au jour par l’érosion et l’avidité des hommes. L’or, mais pas seulement: l’uranium, le platine… En tout, c’est l’origine de la moitié des éléments lourds qui vient d’être élucidée. Le ressort principal de cette nouvelle genèse? L’un des phénomènes les plus délirants de l’Univers.

Il faut imaginer deux petits astres de la taille de Paris intra-muros, chacun deux fois plus massif que le Soleil. Ces étoiles à neutrons, nées de l’effondrement d’étoiles géantes mourantes, sont si denses qu’une cuillère à café de leur matière pèse des centaines de millions de tonnes. Et il faut maintenant imaginer que ces deux monstres se fracassent l’un contre l’autre. Lors de cette collision, leur écorce est brutalement décomprimée et, dans une explosion ahurissante, jaillit une profusion d’éléments lourds fraîchement façonnés: l’équivalent de dix Lune en or massif! Et six d’argent! Ainsi qu’une Lune d’uranium, vingt-trois de platine, et bien d’autres métaux lourds.

Au final, tout l’or que contient la Terre proviendrait de ces cataclysmes extrêmement improbables et d’une violence hors norme, qui ont eu lieu il y a des milliards d’années, aux quatre coins de l’Univers. Pensez-y la prochaine fois que vous observerez une bague ou un pendentif: ces bijoux portent en eux la mémoire d’un choc cosmique.

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Livre blanc de la vieillesse

Denys Jaquet

Conseiller municipal
Rolle 2004

Vieillesse

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Dans vingt ans, la population suisse de plus de 80 ans aura doublé et 20% des Suisses auront plus de 60 ans.

En 2000, on comptait 36 retraités pour 100 personnes actives; le rapport sera de 61 à 68 retraités pour 100 actifs en 2060. Cette tendance gonflera les dépenses de l’AVS. Celles-ci devraient grimper à 36 milliards de francs en 2010, puis à 46 en 2020.

Le vieillissement de la population suisse est en train de bouleverser l’équilibre de la société. C’est l’une des grandes préoccupations de demain. En un  siècle, le nombre des plus de 65 ans a triplé. Le marché du travail, la politique sociale, la planification sanitaire, mais aussi les rapports au sein de la famille sont chamboulés par ces retraités souvent en pleine forme, aux revenus confortables.

Nés juste avant ou juste après la deuxième guerre mondiale, les baby-boomers ont été une génération choyée, qui a profité des plus belles années, celles du plein emploi, celles qui aujourd’hui leur permettent d’occuper les postes clés et de voir venir. Avec l’âge, cette génération a pris des habitudes. En particulier, celle d’une croissance permanente de ses revenus. C’est aussi une génération qui, tout le long de son parcours, a eu le sentiment d’être utile. Elle a pu faire des projets à long terme et, pour ce qui concerne son entrée à la retraite, elle a vécu bétonnée dans la certitude d’une assurance vieillesse sans faille.

Cette évolution phénoménale a aussi pour conséquence la probable première rupture intergénérationnelle de l’histoire humaine avec des conséquences qui ne sont aujourd’hui pas définies.

D’un côté, nous avons les enfants des baby-boomers nés à partir des années 1980, qui eux entrent aujourd’hui dans la vie dans un climat d’insécurité, n’ont jamais connu l’idée que les études conduisaient nécessairement à la réussite. Pour eux encore, la vie est une incertitude. Ils vivent dans un univers radicalement différent de leurs parents.

De l’autre côté, nous avons les parents qui ne cèdent pas la place à leurs enfants, tout en espérant que ceux-ci pourront malgré tout assurer le financement de l’AVS.

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Aider les jeunes d’aujourd’hui pour aider les vieux de demain

Dans cette équation à plusieurs inconnues, une politique visant à mieux accueillir les jeunes et les jeunes familles dans la société doit être mise en place. Il est tout de même effrayant de constater, aujourd’hui, que ceux-ci peuvent se situer dans les zones de risque de pauvreté! Les deux mesures majeures, c’est d’assurer de meilleurs salaires aux jeunes et de pratiquer une superbe politique familiale.

L’une des tâches des baby-boomers, sauf à rester dans l’histoire comme une génération perverse et dangereuse, va être d’apprendre à partager de leur vivant. Il y a là des attentes auxquelles il leur faudra répondre – sans se crisper sur leurs acquis.

Cela dit, nous avons construit une société aux avantages incroyables: l’espérance de vie s’est allongée, la qualité de vie améliorée. L’espérance de vie des handicapés a doublé, la mortalité infantile quasiment disparu. Ces succès ont un coût. Et nous devons les assumer.

Le système devra s’adapter

Pour planifier les ressources et les structures du système de santé, il est capital d’évaluer dans quelle mesure les besoins en soins vont évoluer ces prochaines années et décennies.

Une tendance repérée est que la demande de soins à domicile deviendra de plus en plus importante parce que de plus en plus de personnes âgées vieillissent en couple et demandent à rester chez elles le plus longtemps possible.

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Les soins prodigués par les partenaires demeurent au premier plan

Pour l’immédiat, il faut continuer d’encourager le fait de différer le déménagement dans un home pour personnes âgées ou dans un établissement médico-social (EMS), l’entrée en institution étant aussi déterminée par le mode de vie et qu’un nombre comparativement plus élevé de personnes très âgées, notamment des hommes, seront soignées au cours des prochaines années par leur partenaire. C’est pourquoi, dans un proche avenir, les soins professionnels comprendront davantage de conseil et d’encadrement (conjugaux) des couples d’âge avancé. Ces services incluront la gestion des conflits, des ambivalences et des charges que peut générer le besoin en soins d’un partenaire.

Outre l’encadrement et les soins assurés par le partenaire, les enfants jouent également un rôle prépondérant en matière de soins. Les personnes qui requièrent de l’aide et des soins, et dont les enfants sont encore en vie, demeurent plus longtemps à la maison que les personnes sans enfant. Selon les données démographiques, il ne faut attendre un pourcentage nettement plus élevé de personnes âgées sans enfant qu’après 2030.

À court et moyen termes, le potentiel d’aide et de soins par le partenaire et les membres de la famille tendra à augmenter pour des raisons démographiques, car les personnes très âgées avec un partenaire et des enfants seront plus nombreuses que dans les cohortes précédentes.

Evolution du besoin en soins des personnes âgées

Plus les personnes sont âgées, plus les limitations liées à des problèmes de santé et d’infirmité deviennent fréquentes, encore que l’équation «âgé = malade» ne fonctionne pas. Si l’on questionne les personnes âgées directement, elles estiment souvent leur santé «bonne» à «très bonne». C’est le cas de la grande majorité des hommes et des femmes entre 80 et 84 ans et qui vivent à la maison : ils se considèrent en «bonne» ou «très bonne» santé. Une comparaison longitudinale entre 1992/93 et 2002 indique que la proportion des hommes et des femmes vivant à la maison et qui jugent positivement leur état de santé s’est encore partiellement accru.

À un âge avancé, les douleurs dorsales ou articulaires sont plus fréquentes. Plus du cinquième des personnes de 80 ans et plus, qui vit à la maison, en est affectée. Un groupe non négligeable se compose en outre de personnes âgées qui, vivant à la maison, connaissent des troubles du sommeil ainsi qu’un état de faiblesse générale. Les autres symptômes de maladie tendent par contre à diminuer avec l’âge. C’est le cas notamment des maux de tête, qui apparaissent plus souvent parmi les jeunes adultes et les personnes d’âge moyen que chez les aînés. En comparaison longitudinale entre 1992/93 et 2002, on observe une diminution de la fréquence des infirmités corporelles importantes au sein de la population des personnes âgées. Cette tendance s’explique avant tout par l’amélioration de la santé physique des personnes entre 65et 79 ans.

Si l’on prend en considération toutes les personnes âgées, indépendamment de leur forme d’habitation (ménage privé, home pour personnes âgées, établissement médico-social), le taux de besoin en soins pour l’ensemble des personnes de 65 ans et plus en Suisse est actuellement situé entre 10 et 11,5 pour cent. Jusqu’à 79 ans, moins de dix pour cent des personnes requièrent des soins. Pour la classe de 80 à 84 ans, ce sont déjà un bon cinquième. Et plus d’une personne sur trois de 85 ans ou plus nécessite de l’aide ou des soins.

Des modèles de calcul démographiques mettent en évidence qu’une réduction même modérée du besoin en soins (par exemple grâce à des mesures de promotion de la santé parmi les aînés ou de progrès réalisés en réadaptation) permet d’amortir considérablement l’impact démographique sur l’accroissement du nombre des personnes âgées nécessitant des soins. À la faveur des taux réduits de besoin en soins, le nombre des personnes âgées dépendantes de soins n’atteindrait qu’en 2020 le niveau qui serait observé dès 2010 sans changement de ces taux.

Rôle de la famille dans l’aide informelle aux personnes âgées

Comme on s’y attend, la proportion de personnes qui reçoivent une aide pour des raisons de santé augmente avec l’âge. À un âge élevé, l’aide des proches parents, des connaissances ou des voisins constitue une condition fondamentale pour le maintien à domicile de la personne âgée dépendante, tout particulièrement lorsque sa mobilité est réduite. Si, à l’échelle de la Suisse, on met en rapport les données des résidents de homes et d’EMS avec le nombre de personnes âgées qui requièrent des soins, on peut estimer à au moins 40%, sur l’ensemble du pays, la proportion de personnes âgées requérant des soins qui résident dans des institutions. Il en résulte que la proportion des personnes âgées soignées à la maison ne devrait pas dépasser soixante pour cent en Suisse (contre plus de 70% en Allemagne).

Les personnes âgées qui reçoivent de l’aide mentionnent en moyenne 1,7 à 1,8 personnes leur prodiguant de l’aide. En Suisse tout comme en Allemagne, la ou le partenaire est alors dans plus d’un cas sur trois la personne qui apporte l’aide ou les soins à titre principal. Eu égard à l’espérance de vie plus élevée des femmes et à la différence d’âge traditionnelle dans les couples, les femmes sont de fait fortement représentées dans ce rôle. Chez les couples âgés qui vivent ensemble, la disposition à s’engager si le ou la partenaire a besoin de soins demeure très importante. Elle est considérée comme allant de soi et ne saurait être mise en question. Adopter une perspective d’aide ou de soignant peut constituer une étape de développement importante à l’âge avancé, tout particulièrement pour les hommes.

Les propres enfants de l’intéressé, notamment les filles, occupent le deuxième rang quand il s’agit de procurer des soins informels. Malgré l’augmentation de la participation au marché du travail des femmes, les filles continuent de se montrer très disposées à aider leurs parents âgés.

Aide extra-familiale aux personnes âgées : les amis, les voisins et les groupes d’entraide

Compte tenu des transformations de notre société, on peut postuler un glissement plus marqué à l’avenir des liens du sang vers les affinités électives. De fait, les relations entre amis à un âge avancé ont gagné en valeur au cours des dernières décennies. De telles amitiés entre personnes âgées jouent surtout un rôle comme appui personnel et émotionnel, mais elles sont d’importance secondaire s’agissant du soutien pratique et de soins plus intenses. Les amis ou les amies des personnes âgées sont rarement les principaux prestataires de soins au sens étroit, une telle activité devenant rapidement très lourde, mettant en péril un principe fondamental de l’amitié, à savoir la réciprocité.

Contrairement aux relations d’amitié, les rapports entre voisins se sont plutôt distendus. La mobilité accrue des personnes âgées a partiellement contribué à l’extension de leurs relations sociales au-delà des frontières de leur voisinage direct. C’est pourquoi les voisins sont moins souvent cités que les proches parents ou les amis s’agissant de l’aide qu’ils apportent. Toutefois, l’aide des voisins n’est pas dénuée d’importance, en particulier pour les personnes très âgées. Un bon quart des personnes âgées de 80 ans et plus qui, tout en vivant à la maison, requièrent un soutien pour des raisons de santé, reçoivent de l’aide de leurs voisins. Très souvent, il s’agit d’une aide pour les achats, ou pour préparer les repas, ou encore pour des tâches ménagères physiquement astreignantes.

Actuellement, les personnes âgées sont plutôt sous-représentées au sein des groupes d’entraide, même si l’on assiste depuis les années 1990 à une rapide progression des groupements d’intérêts et des organisations d’entraide de personnes âgées. Au nombre des principaux domaines thématisés par les organisations de seniors, on compte le soutien social mutuel, le développement et l’entretien de contacts et de relations, l’engagement social pour les autres, la réalisation d’intérêts communs de nature sociale, culturelle ou créative, l’échange de services organisé dans le cadre d’une communauté d’intérêts, ainsi que l’engagement politique et la défense des intérêts. À un âge avancé, l’entraide au sens classique est confrontée à des limites inhérentes à la situation des intéressés. C’est pourquoi, dans les groupes d’entraide des aînés, les activités se concentrent non seulement sur les personnes âgées concernées, mais aussi sur leurs proches parents. Par ailleurs, on y accorde une grande importance à une bonne coopération avec les professionnels spécialisés, car les handicaps et les maladies survenant à un âge avancé constituent souvent des situations complexes du point de vue gériatrique. En ce sens, les groupes d’entraide de personnes âgées ou destinées aux personnes âgées, qui comportent des aspects sanitaires, ne représentent pas des substituts au système des services professionnels, mais ils constituent un complément important aux structures de prestations de soins existantes, qu’elles soient familiales, ambulatoires ou stationnaires.

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Soins ambulatoires pour personnes âgées

Les données statistiques de l’aide et des soins professionnels à domicile pour la Suisse romande montrent clairement dans quelle mesure les personnes âgées bénéficient de telles prestations : en 2002, 71% des clients qui recevaient de l’aide et des soins professionnels à domicile étaient âgés de plus de 64 ans, et 42% d’entre eux avaient 80 ans ou plus. Des changements d’ordre socio-gérontologique ont également leur importance s’agissant du besoin croissant des prestations en question. En effet, on a premièrement assisté au cours des dernières décennies à une augmentation des petits et très petits ménages de personnes âgées : après le départ des enfants du domicile familial, nombre de personnes âgées vivent soit à deux, soit seules. Deuxièmement, le standard d’habitation des personnes âgées s’est nettement amélioré ces dernières décennies. Une telle situation encourage les intéressés à demeurer chez eux aussi longtemps que possible. Troisièmement, l’extension de l’espérance de vie exempte d’handicaps chez les personnes âgées accroît leur besoin en prestations ambulatoires, car l’absence d’handicaps ne signifie pas l’absence de maux. De nos jours, nombreuses sont les personnes âgées qui, tout en étant capables de gérer leur quotidien de façon autonome, dépendent ponctuellement des prestations de services ménagers et soignants.

Au total, quelque 8% des personnes comprises entre 65 et 79 ans et qui vivent à la maison recourent aux prestations d’aide et de soins professionnels à domicile; pour les personnes de 80 ans et plus, qui vivent dans un ménage privé, la proportion atteint 38 à 40%. Une analyse détaillée de l’Enquête suisse sur la santé de 2002 révèle que le recours aux services d’aide et de soins professionnels à domicile connaît une hausse marquée en particulier après 80 ans. À ce sujet, il faut ajouter que la proportion des personnes âgées qui font appel à ces services ambulatoires professionnels est étroitement associée à leur état de santé. Une estimation subjective négative de leur propre état de santé ou des restrictions fonctionnelles dans les activités journalières, ainsi que des problèmes de mobilité entraînent une utilisation plus fréquente des prestations d’aide et de soins professionnels à domicile.

L’aide et les soins ambulatoires professionnels en Suisse (Spitex) sont conçus de manière décentralisée, ce qui facilite une structure d’offres à petite échelle. Outre des avantages, tels la proximité des citoyens et une grande flexibilité locale de l’offre, la structure décentralisée de l’aide et des soins professionnels à domicile présente également certains inconvénients, par exemple la forte dispersion des ressources professionnelles et le risque d’énormes disparités entre les régions quant aux offres en matière de santé.

Dans notre région, la nouvelle Fondation de La Côte issue de la fusion de deux zones sanitaires représente une excellente structure parfaitement apte à gérer l’activité des soins à domicile.

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Les centres médico-sociaux (CMS)

Outre le fait que les personnes âgées désirent rester à domicile, il faut mentionner que la prise en charge à domicile est en principe moins onéreuse qu’une prise en charge institutionnelle.

Des études socio-économiques menées en Suisse ces dernières années l’ont démontré. A domicile une partie de la prise en charge est souvent assurée par les proches. Ces derniers rencontrent cependant des difficultés lors de prises en charge de longue durée malgré l’intervention des CMS. Suite à un séjour hospitalier la personne âgée seule peut se trouver en difficulté face à une perte ponctuelle de son autonomie. Par leur mandat de prestations, les Centres médico-sociaux favorisent le maintien à domicile. Cependant il convient de l’actualiser avec les mesures proposées suivantes :

  • définir plus précisément chacune des prestations actuelles des CMS soit les soins

à domicile, l’aide au ménage, le service de repas à domicile, la sécurité à domicile,

le prêt de matériel, le service de la petite enfance ;

  • compléter l’offre des CMS par les soins palliatifs
  • développer les appartements protégés à encadrement médico-social ;
  • apporter une aide aux proches qui soignent afin d’éviter l’épuisement de ces derniers ;
  • poursuivre la politique de recrutement du personnel et de sa formation ;
  • participer à la formation des étudiants du domaine des soins et du social ;
  • mettre en place un système d’information uniformisé et une comptabilité analytique ;
  • assurer la qualité des prestations dans le sens de la LAMal ;

Les établissements médico-sociaux pour personnes âgées (EMS)

Malgré toutes les mesures mises en place pour le maintien à domicile un certain nombre de personnes devront bénéficier d’une prise en charge en établissement.

Les établissements médico-sociaux pour personnes âgées, sont au nombre de 41 en Valais. Ils ont subi un grand changement dans leur population. Celle-ci est relativement âgée, même si des personnes plus jeunes y sont aussi hébergées au vu de leur pathologie. La charge en soins a augmenté de façon importante et de plus en plus de personnes y séjournant sont atteintes de démence. L’hébergement de ces personnes pose des problèmes spécifiques dans la prise en charge et pour l’infrastructure. Les EMS sont aussi appelés à collaborer au maintien à domicile avec l’exploitation de lits d’accueil temporaire.

Les mesures concrètes proposées sont pour les EMS:

  • donner un mandat de prestations aux EMS soit : d’héberger les personnes âgées dépendantes et de leur assurer les soins médicaux, infirmiers ainsi qu’une prise en charge sociale augmenter le nombre de lieux d’accueil de court séjour pour décharger les proches soignants ou permettre une transition entre l’hôpital et le domicile.
  • la création des unités d’accueil temporaire dans les EMS doit être encouragée
  • ouvrir des foyers de jour, voire de nuit, afin de favoriser le maintien à domicile des personnes peu dépendantes
  • recruter et former du personnel soignant et les autres personnes nécessaires à fournir les prestations. Une réévaluation de la dotation du personnel a eu lieu 2005
  • participer à la formation des étudiants du domaine des soins et du social
  • participer à la recherche à la demande d’organismes spécialisés
  • mettre en place un système d’informatisation uniformisé ainsi qu’une comptabilité analytique
  • assurer la qualité des prestations dans le sens de la LAMal
  • rénover et adapter l’infrastructure des EMS
  • créer l’infrastructure nécessaire pour accueillir les personnes âgées dépendantes

La promotion de la santé et prévention des maladies et des accidents

Ces thèmes devraient être développés par rapport à la personne âgée, aux proches soignants ainsi qu’au personnel des institutions tout spécialement dans les CMS et les EMS. L’autonomie ainsi que la qualité de vie augmentera et une répercussion positive à moyen terme devrait être ressentie dans les coûts de la santé. L’évaluation des projets devrait le mettre en évidence. La prise en charge des personnes âgées dépendantes

Service de la santé publique

Il conviendrait de mettre en place des programmes ciblés concernant la personne âgée, les propositions sont :

  • des visites préventives
  • la prévention des chutes
  • la prévention de la malnutrition, la promotion de l’équilibre alimentaire
  • le dépistage de la maltraitance
  • la sensibilisation à la consommation des médicaments
  • la prévention de la douleur et son traitement
  • la sensibilisation aux directives anticipées
  • l’introduction de la carte patient
  • le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer.

Certaines de ces propositions sont peut-être en cours d’être réalisées.

Les soins à domicile en général

On entend par soins à domicile les prestations effectuées par du personnel infirmier et dispensées dans le cadre de l’assurance obligatoire des soins (art. 7 OPAS). Ce sont notamment les évaluations de situation, les informations et conseils aux patients ainsi qu’à leur entourage, les soins techniques délégués par les médecins, les soins de base complexes.

Les soins sont planifiés et prodigués 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Afin d’assurer une continuité optimale des soins, des contacts étroits et une bonne coordination doivent être établis avec les centres hospitaliers vaudois, les médecins et les autres institutions. Les CMS disposent aujourd’hui normalement des moyens nécessaires à ces contacts.

L’aide au ménage

On entend par aide au ménage des prestations comportant l’aide à la famille, l’aide à la gestion complète du ménage, l’hygiène et le soutien dans les actes de la vie quotidienne. Ces prestations sont dispensées, en fonction de critères définis, soit par des aides familiales diplômées, soit par du personnel auxiliaire d’aide. Les prestations de soutien dans les actes de la vie quotidienne incluent des présences de jour ou de nuit, la mobilisation physique et psychique, la suppléance ou le soutien des familles et de l’entourage dans l’accompagnement de personnes en perte d’autonomie. Les prestations d’aide sont planifiées 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Afin d’assurer une continuité optimale de l’aide, des contacts étroits et une bonne coordination doivent être établis encore une fois avec centres hospitaliers, mais aussi les médecins et les autres institutions.

proche-aidant

Service de repas à domicile

Les CMSR sont responsables de la mise sur pied, de l’organisation de distribution régulière de repas à domicile sur l’ensemble de leur secteur. Les repas répondent à des normes de qualité, de diététique et d’hygiène incluant les régimes alimentaires les plus fréquents (repas sans graisse, diabétiques, sans fibre, etc.).

La livraison des repas peut être assurée par du personnel d’aide auxiliaire rattaché au service des repas ainsi que, dans des cas précis, à des bénévoles. L’ensemble de ces personnes doit recevoir les consignes nécessaires pour assurer la livraison des repas. Elles doivent régulièrement informer les équipes de maintien à domicile lors de situations particulières afin de coordonner efficacement les diverses prestations.

La sécurité à domicile

On entend par sécurité à domicile toutes les mesures visant à réduire l’insécurité physique et psychique des personnes vivant chez elles. Ces prestations s’inscrivent dans l’aide et les soins à domicile. Elles comprennent la prévention des accidents domestiques, l’adaptation du logement, le soutien et le suivi professionnel en cas d’anxiété des personnes ou de leur entourage. La sécurité à domicile inclut également des permanences téléphoniques en cas de soins continus et des permanences téléphoniques en lien avec des systèmes d’alarme. Les permanences liées à des systèmes d’alarme fonctionnent 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Le prêt et location de matériel

Les CMS mettent à disposition, en prêt ou en location, tout le matériel auxiliaire nécessaire aux soins ou à la vie quotidienne des personnes malades ou en perte d’autonomie à domicile, sur l’ensemble de leur secteur. Ils sont responsables de la gestion des stocks, de la gestion des locaux de dépôts du matériel, de l’entretien et de l’hygiène de ces locaux ainsi que de l’entretien du matériel. L’évaluation professionnelle, dans les situations de maintien à domicile, prend en compte les aspects des limitations fonctionnelles des personnes et propose des moyens auxiliaires afin de bénéficier de plus d’autonomie. Pour les soins, il est également indispensable de disposer du matériel nécessaire pour une prise en charge adéquate. Un service de prêt et de location de matériel auxiliaire doit être accessible au public pendant les jours ouvrables, selon des horaires journaliers définis.

Le service de la petite enfance

Ce service comprend des séances de consultations pour nourrissons permettant aux parents de contrôler le développement de leurs enfants (de 0 à 2 ans), de bénéficier de conseils notamment dans les domaines de l’alimentation, du sommeil, du développement et des soins courants aux bébés. Des consultations pré-scolaires (2-4 ans) font également partie de ce secteur. Les enfants bénéficient d’une évaluation dans les domaines du développement psychomoteur, du développement physique et sensoriel.

Nouveaux mandats de prestations des CMS en 2005

Au vu de l’évolution démographique et du nombre grandissant de personnes âgées vivant seules à domicile ainsi que du nombre de familles impliquées dans les soins de la personne âgée il y a lieu de développer ou d’intégrer des offres nouvelles dans les prestations des CMS.

Quatre domaines sont à retenir :

Les soins palliatifs

Les soins palliatifs prennent une place toujours plus importante dans la prise en charge à domicile. Les personnes âgées désirent souvent passer la dernière partie de leur vie à domicile et dans leur environnement habituel. Il en résulte pour le personnel des CMS des efforts supplémentaires en vue d’assurer une formation continue en soins palliatifs et soins de fin de vie. Dans ce domaine, les CMS travaillent également avec des fournisseurs privés de prestations.

La médecine, les soins et l’accompagnement palliatifs comprennent tous les traitements médicaux, les actes de soins ainsi que les mesures de soutien psychique, social et mental en faveur de personnes souffrant d’une maladie progressive et incurable. Leur objectif est de soulager la souffrance et de garantir au patient et à ses proches la meilleure qualité de vie possible ainsi qu’une prise en charge adéquate en fin de vie.

Les appartements intégrés à encadrement médico-social (Alter-ego)

Les appartements à encadrement médico-social sont des appartements qui hébergent plusieurs personnes âgées. Les personnes bénéficient des prestations d’aide et de soins des CMS. Ces appartements sont destinés en particulier à des personnes âgées dépendantes, qui souhaitent continuer de vivre dans leur région.

Les CMS développent dans leur région et en complément des prestations d’aide et de soins à domicile, des appartements intégrés à encadrement médico-social. On entend par appartements intégrés à encadrement médico-social de nouvelles formes d’habitats complémentaires au domicile habituel et aux institutions existantes. Ces appartements adaptés (sans barrières architecturales) réunissent sous leur toit quelques personnes requérant une intégration sociale et des soins. Le mot « intégré » signifie que ces appartements sont intégrés au village ou au quartier. Les personnes qui y vivent sont colocataires et conservent ainsi leur indépendance tout en ayant la possibilité de ne pas être seules.

Les prestations d’aide et de soins sont dispensées par le personnel du CMS comme dans n’importe quel domicile et des prestations d’accompagnement et de soutien dans les activités de la vie quotidienne sont assurées par du personnel auxiliaire d’aide (auxiliaire de vie) sous la responsabilité des professionnels. Les CMS interviennent comme intermédiaires pour la location et la mise à disposition des appartements.

Des objectifs doivent être fixés notamment par la Fondation de la Côte, en matière de mise à disposition d’appartements répartis dans notre région.

L’aide aux proches qui soignent

Selon des chiffres publiés par Pro Senectute on estime en Suisse qu’environ 250’000 personnes sont soignées à court ou long terme – parfois pendant plusieurs années – par des proches. Ces proches sont des membres de la famille parfois aussi des voisins et/ou des amis.

La plupart de ces soignants sont déjà en âge AVS. L’Office fédéral de la statistique (OFS) 1/2003 mentionne qu’une étude française de l’INSEE indique que 50% des personnes âgées sont aidées uniquement par leur entourage. La moitié des aidants principaux sont les conjoints – le plus souvent la femme ; leur âge moyen est de 70 ans et dans la moitié des cas, le conjoint aidant a plus de 70 ans. Lorsqu’un enfant est le principal fournisseur d’aide, l’âge moyen est de 51 ans. En Suisse, un article paru il y a quelque temps dans le journal des infirmières « L’aide au soignants naturels, un maillon essentiel dans le maintien à domicile » fait état de chiffres suivants :

  • 80% du besoin en soins à domicile est couvert par les proches
  • 60% des soignants naturels sont des conjoints (dont 80% des femmes)
  • 40% des filles et des belles-filles
  • un tiers d’entre eux ne font pas appel aux services de soins à domicile parce que ils ne veulent pas d’étrangers à la maison
  • les membres de la famille fournissent 17.9 heures de soins par semaine durant 6.5 ans en moyenne 60% des proches soignants sont âgés entre 60 et 90 ans.

Ces soins de longue haleine sont exigeants et ont souvent comme corollaire l’épuisement des soignants informels. D’autre part, certaines familles connaissent des problèmes financiers liés à ces soins de longue durée. Ces personnes sont souvent en lien avec le système de soins formel, soit les CMS. Il conviendrait de développer avec éventuellement d’autres partenaires (Pro Senectute, les EMS) une systématique d’offre d’aide aux proches soignants. Les aides à prévoir sont surtout de donner des plages de répit à ces soignants en favorisant l’accueil de la personne malade dans les centres de jour, dans les unités d’accueil temporaire et de faire connaître le droit à la rente d’impotence pour les proches soignants. Cette aide financière pouvant permettre d’aider au paiement des répits par exemple ou aux frais liés aux foyers de jour. Il y aurait aussi lieu de faire connaître les offres d’aide en soins ainsi que de répit aux familles qui ne sont pas connues des CMS.

Les visites préventives auprès des personnes âgées à risque

Afin de favoriser le maintien à domicile de la population âgée ayant des handicaps dits légers, il conviendrait de prévoir des visites préventives afin de maintenir le potentiel d’autonomie maximal de ces personnes.

Ce projet, soutenu notamment par santé suisse, devrait être généralisé sur toute la Suisse. Il consiste à évaluer les risques auprès des personnes âgées sans problème par un questionnaire qui leur est envoyé. L’évaluation des risques personnels est adressée à la personne même et à son médecin traitant qui l’encouragera aux mesures jugées appropriées (instauration d’un traitement, organisation de la maison, alimentation, exercice physique).

Il convient d’examiner ensemble avec les médecins traitants et les autres partenaires, l’opportunité de l’introduction de ce projet avec l’informatisation des CMS et les possibilités ainsi données, de gérer les flux d’informations et de réponses.

Les personnes atteintes de démence

Les personnes atteintes de démence en établissement médico-social constituent pour les soignants qui s’en occupent un défi quotidien. Ces personnes sont aussi au centre d’une recherche réalisée dans 19 EMS valaisans dans le cadre d’une action conjointe du fonds national de la recherche scientifique et de la commission pour la technologie et l’innovation dans le but de promouvoir la recherche appliquée dans les HES.

De cette recherche, nous signalons les résultats suivants:

Parallèlement au vieillissement de la population, on constate que les personnes accueillies dans les EMS sont pour une partie d’entre elles de plus en plus âgées et qu’un certain nombre d’entre elles souffrent de démences. Ceci est aussi confirmé par les rapports des médecins répondants qui mentionnent chaque année un taux plus important de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences dégénératives ou vasculaires. Les problèmes les plus fréquents lors d’une démence sont :

  • les troubles de la concentration
  • les pertes de mémoire, (amnésie)
  • la désorientation dans le temps, dans l’espace, en situation et en rapport à elle-même
  • troubles du langage (aphasie)
  • troubles de la reconnaissance (agnosie)
  • imprévoyance, absence de plans
  • troubles des mouvements volontaires (apraxie) ;
  • perte de la capacité de jugement
  • déficit de la capacité d’abstraction ;
  • troubles de la gestion des émotions et des comportements.

Le travail des chercheurs met en évidence des appréhensions des soignants face à l’imprévisibilité d’un tableau clinique déstabilisant. Des conclusions de leur travail on peut retenir essentiellement les points suivants qui touchent 3 axes:

L’institution

« Concernant l’organisation, les unités composées de personnes atteintes de démence posant des difficultés d’adaptation à la vie communautaire ne devrait pas dépasser le nombre de 10.

Au-delà de ce chiffre le risque de surmenage des soignants est réel.

En regard du nombre croissant de personnes atteintes de démence, l’architecture des EMS est amenée à subir des changements. Des zones de déambulation accessibles à ces personnes sont nécessaires (…).Une évaluation de l’organisation du travail sous l’angle de la quantité et de la qualité nécessiterait une réflexion intégrant une conception de soins adaptée… »

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Architecture, construction d’EMS

Comme le décrit le travail de l’OFAS, l’habitat et la qualité de vie dans la vieillesse sont étroitement liés. Des logements adaptés aux personnes âgées sont ceux où des personnes très âgées peuvent se déplacer dans un environnement familier.

Les normes architecturales de construction des EMS édictées par l’OFAS datent de plus de vingt ans. La suppression, dès 1990, du subventionnement fédéral des coûts de construction des institutions pour personnes âgées, a eu notamment comme conséquence que ces directives n’ont plus été adaptées aux besoins actuels des EMS.

Afin de permettre aux maîtres de l’ouvrage et aux architectes mandatés de préparer des projets de construction qui seront à même de répondre à leurs besoins mais aussi aux exigences en matière d’autorisation d’exploiter un établissement, le service de la santé publique a préparé, en collaboration avec le service cantonal des bâtiments, un nouveau programme-cadre des locaux (cf. document en annexe).

Comme son nom l’indique, ce document se veut directif tout en laissant la possibilité d’adapter les constructions, d’une part à des besoins spécifiques et particuliers à chaque cas, et d’autre part aux idées créatrices des architectes. Toutefois, les exigences minimales définies en matière notamment de dimensionnement des chambres et des espaces de circulation et d’accueil sont à respecter impérativement de même que celles permettant l’intégration des personnes handicapées.

Enfin, et à l’origine de tout projet de construction ou de réaménagement d’une institution, le maître de l’ouvrage devrait élaborer un concept d’hébergement basé sur les besoins des résidants, du personnel et des visiteurs.

Centres médico-sociaux (CMS)

Au vu de l’évolution démographique et du nombre grandissant de personnes âgées vivant seules à domicile, du nombre de familles impliquées dans les soins de la personne âgée ainsi que des nouvelles exigences envers les institutions il y a lieu :.

D’actualiser et de compléter le mandat de prestations délivré aux 6 Centres médico-sociaux régionaux en 1997.

  • Les soins à domicile en général 7 jours sur 7 et 24h sur 24
  • L’aide au ménage 7 jours sur 7 et 24h sur 24
  • Le service de repas à domicile 7 jours sur 7
  • La sécurité à domicile liée à des systèmes d’alarme fonctionnant 24h sur 24 et 7 jours sur 7
  • Le prêt et location de matériel
  • Le service de la petite enfance (0-4 ans)
  • Les soins palliatifs
  • Les appartements intégrés à encadrement médico-social
  • L’aide aux proches qui soignent
  • Les visites préventives auprès des personnes âgées à risque

Etablissements médico-sociaux (EMS)

La mission des EMS s’est transformée ces dernières années suite au changement de la population accueillie qui est de plus en plus atteinte dans sa santé lors de son entrée établissement. Ceci vaut pour les personnes très âgées qui y sont accueillies comme pour les plus jeunes qui nécessitent une prise en charge résidentielle. Au niveau de l’institution les adaptations au niveau du personnel et de la structure sont importantes. D’autre part les EMS sont appelés à participer au maintien à domicile des personnes âgées en offrant des structures de décharge ponctuelle pour les familles, ou en offrant à la personne âgée une période transitoire d’hébergement suite à une hospitalisation. Pour ce faire il convient :

De définir plus précisément le mandat de prestations aux EMS en définissant

De définir les prestations :

  • héberger les personnes âgées dépendantes et leur assurer les soins médicaux, infirmiers ainsi qu’une prise en charge sociale
  • Augmenter le nombre de lieux d’accueil de court séjour pour décharger les proches soignants ou permettre une transition entre l’hôpital et le domicile. La création des unités d’accueil temporaire dans les EMS a été encouragée mais devra se poursuivre
  • Ouvrir des foyers de jour, voire de nuit, afin favoriser le maintien à domicile des personnes peu dépendantes, en collaboration avec les CMS
  • Recruter et former du personnel soignant et les autres personnes nécessaires à fournir les prestations

De mettre en place :

  • Un système d’assurance qualité
  • La comptabilité analytique
  • Le système d’information
  • La systématisation des récoltes de données statistiques
  • Une politique de formation continue du personnel
  • Une politique de lieux de formation de divers futurs professionnels, développement du partenariat avec les écoles
  • La collaboration à des projets pilotes permettant l’étude de développements nouveaux aussi bien au niveau des soins que de l’entreprise.
  • Un système d’évaluation des mesures prises (indicateurs)

PS dans certaines régions les CMS assurent la coordination du bénévolat


On peut naître vieux comme on peut mourir jeune.
Jean  Cocteau

Les générations sont solidaires à travers le temps et à travers les sottises.
Jacques Bainville

Un des privilèges de la vieillesse, c’est d’avoir outre son âge, tous les âges.
Victor Hugo

Bibliographie:

Dernières publications: «Politiques sociales pour le XXIe siècle» (2001),
«Dictionnaire suisse de politique sociale» (nouv. éd., 2002), tous deux aux Ed. Réalités sociales (Lausanne).
A lire également sur l’histoire des baby-boomers: «Les baby-boomers: une génération 1945-1969», de Jean-François Sirinelli, Fayard, 2003.
Höpflinger, F., Hugentobler V., Soins familiaux, ambulatoires et stationnaires de personnes âgées en Suisse – Observations
et perspectives; Parution : fin 2005 aux Editions Médecine & Hygiène ; Actuellement disponible uniquement en allemand aux Editions Hans Huber
Rapport 2005 du Département de la santé, des affaires sociales et de l’énergie
Service de la santé publique du canton du Valais
Office fédérale de la statistique  Espace de l’Europe 10 2010 Neuchâtel / Suisse
Extraits de l’exposé des motifs et projet de loi modifiant la Loi scolaire du 12 juin 1984

La guerre des étoiles aura-t-elle lieu?

Revue Militaire Suisse 1983
par le premier-lieutenant Denys Jaquet

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Vandenberg (USA). Une fusée Titan IIID quitte sa rampe de lancement et s’élève dans le ciel. Fer de lance de l’USAF, elle emporte dans son ventre le satellite militaire SAMOS 98 (Satellite for Missile Observation), un engin de près de 111 plus connu sous le nom de «Big Bird». Dans quelques minutes, cet énorme cylindre, équipé lui même d’un moteur-fusée lui permettant de compenser la perte d’altitude due au freinage atmosphérique, sera injecté sur son orbite et tournera autour de la Terre à 130 km d’altitude.
Dès cet instant, ses puissantes caméras munies d’objectifs à très long foyer, véritables télescopes de 1,80 m de diamètre, entreront en action et filmeront le sol de la planète, enregistrant sur des cassettes les détails les plus infimes qu’autorisent les lois de la physique, soit environ 30 cm. Ces cassettes (6-8 par satellite) seront éjectées toutes les deux semaines à peu près, au-dessus de l’Alaska pour terminer leur course au large des îles Hawaii, où un avion-cargo Hercules C-130 les saisira en vol par les suspentes de leur parachute, au moyen d’un filin recourbé. Le satellite demeurera ainsi pendant quelques mois un espion de la Terre.

Depuis lors, beaucoup de SAMOS se sont succédé et, aujourd’hui, en 1983, les maîtres de l’espace, sinon du monde, s’affrontent à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, dans le plus immense champ de bataille que l’homme ait jamais connu.
Ils offrent la possibilité de diriger les opérations militaires les plus compliquées…

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Pour bien situer les problèmes, il faut avant tout mesurer l’importance et l’enjeu de ce nouveau combat. Sur les 2000 satellites lancés depuis le début de la conquête spatiale, près des deux tiers sont des satellites militaires. Satellites d’espionnage photographique, de télécommunications, de surveillance et d’alerte, d’écoute électronique, météorologiques, de surveillance océanique. Les militaires ont compris, bien avant les civils, tout l’intérêt de cette nouvelle et extraordinaire aventure.
Un exemple: lors de la crise de Cuba, c’est un satellite de reconnaissance américain qui a détecté les installations de missiles soviétiques et, sans celui-ci, l’URSS aurait sans doute pris un avantage stratégique décisif.
Autre exemple, peut-être plus évident. Grâce aux satellites, il est impossible aujourd’hui, où que ce soit dans le monde, de lancer une fusée en cachette. Cette situation met en évidence l’apport considérable de ces engins en cas de conflit nucléaire par ICBM. La sensibilité de leurs capteurs infrarouges est telle qu’ils sont capables de détecter le moindre feu de broussailles. Ce sont les IMEW (Improved Missile Early Warning), installés en orbite géosynchrone à 36 000 km d’altitude. Ils sont munis de caméras vidéo dont l’objectif est un miroir de 91 cm de diamètre et dont la rétine est tapissée de 2000 cellules au sulfure de plomb.

L’article complet à télécharger ici