Catégorie : ENVIRONNEMENT

La dague d’officier de Hans Hartmann

Les objets de l’Histoire, l’histoire des objets.
La dague d’officier de Hans Hartmann.

Collectionneur d’objets ayant appartenu à l’histoire, j’ai la chance de posséder depuis plusieurs années cette dague d’officier portant le nom de H. Hartmann. 

Par divers recoupements, il y a de fortes chances pour que celle-ci ait appartenu à l’officier de la Wehrmacht Hans Hartmann en service en 1942 à Lviv en Galicie orientale, aujourd’hui l’Ukraine.

Ce qui m’amène à évoquer un épisode heureux au cœur de cette horrible guerre que fût la Seconde guerre mondiale.

Voici cette histoire.

Le capitaine Hans Hartmann, âgé de 40 ans, est l’un des officiers supérieurs de la Heeres-Kraftfahrzeug-Park 547, à Lviv, en Galicie orientale (Ukraine). Des centaines de Juifs y sont employés en 1942 pour le démantèlement et la réparation de chars, de véhicules blindés et d’autres véhicules militaires arrivant du front russe dans un état de délabrement.

Parmi eux, Wolf et Abraham Goldberg – père et fils.

Ghetto de Janowska

En février 1942, ils sont séparés du reste de leur famille et envoyés dans le tristement célèbre camp de concentration de Janowska.

Au mépris de tous les règlements, Gitel Goldberg, mère d’Abraham, prend son courage à deux mains et quitte le ghetto pendant plusieurs jours pour approcher tous les officiers de passage dans la ville, en demandant d’épargner son fils de 19 ans du camp de la mort.

Elle essaye de susciter leur sympathie en montrant les certificats scolaires allemands de celui-ci (les Goldbergs avaient été expulsés de l’Université de Thuringe en 1938).

Plusieurs officiers s’approchent de la femme à l’air désespéré qui les interpellent. La plupart se moquent de cette femme aux cheveux blancs portant l’étoile juive sur son vêtement. Un seul s’arrête, Hanz Hartmann. Il note soigneusement les détails concernant l’histoire de cette femme dans son carnet.

Dans les jours qui suivent, le capitaine de la Wehrmacht tente de libérer les deux Goldberg, malgré la résistance du sadique commandant du camp, le SS-Obersturmbannführer Fritz Gebauer.

Finalement, les deux prisonniers sont conduits dans une voiture militaire à la sortie du camp de Janowska, et après de nombreuses discussions avec les gardes, franchissent miraculeusement les portes du camp.

De retour dans le ghetto, les Goldberg souhaitent exprimer leur gratitude en présentant à Hartmann un ensemble pour écrire de la marque « Pelican » plaqué or. Il refuse, « Conservez-le pour vous – c’est la seule valeur qu’il vous reste », déclare-t’il simplement.

Cependant, les SS ne lâchent pas l’affaire. Quelques jours après l’incident, Hartmann reçoit l’ordre de quitter Lviv immédiatement pour rejoindre le corps de Rommel en Afrique du Nord.

Après la guerre, Abraham et son père Wolf parviennent à localiser leur sauveur. Celui-ci était alors responsable de la poste dans la petite ville bavaroise de Wolfratshausen.

Par la suite, Abraham Goldberg ayant immigré en Israël en 1949, celui-ci est resté en contact avec Hartmann jusqu’à son décès en 1951.

Aujourd’hui, les petits-enfants de Goldberg conservent toujours des relations avec la famille de Hartmann.

Hans Hartmann
(* 1896, † 1970 à Wolfratshausen)
était un avocat allemand, officier dans la Wehrmacht.
Durant la seconde guerre mondiale,
il est entré dans l’histoire au cours d’un épisode
d’une remarquable humanité.

Ce genre de dague fut créée en 1935. Elle était destinée aux officiers de tous grades y compris les médecins et les vétérinaires.
Elle faisait partie de l’uniforme et à ce titre elle était obligatoire, sauf pour le service intérieur, dans les casernes, en manœuvre ou en campagne.
Dans les premières années, les garnitures métalliques étaient plaquées argent. A partir de la guerre on utilisera de l’aluminium par économie.
La poignée est en matière synthétique, et sa couleur varie suivant l’époque de l’orange foncé au blanc ivoire en passant par le jaune.
Celle-ci est manifestement de la première génération, ce qui renforce l’hypothèse de son probable propriétaire.

Le 23 décembre 1944, l’O.K.W. interdit le port de la dague, et ordonne leur remplacement par le pistolet.

 


Prémonition

Prémonition par Denys Jaquet
Les grandes peurs du XXIème siècle.

Exposé donné à l’occasion d’une réunion privée à Mont-sur-Rolle le 18 juin 1994.

Notre temps ne diffère pas des précédents. On y a seulement ajouté des méthodes scientifiques de prévision. Nos prophètes sont prospecteurs, statisticiens et techniciens de la recherche opérationnelle. Malheureusement, leur prophétisme se révèle tout aussi pessimiste. Ils ne nous promettent pas la « libération de Satan », la venue de « l’Antéchrist » ou la « Fin des temps », mais ce qui est tout aussi ennuyeux, le suicide de notre civilisation dans une ambiance catastrophique.

Il n’est pas nécessaire de croire à la fin des temps pour pressentir la « fin de notre monde ». C’est un état de crise périodique, qui toujours jusqu’ici a connu son plein accomplissement dans une ambiance identique.

Les angoisses de l’An Mil au seuil du Moyen Age, celles qui éclatent à la jointure des XIVe et XVe siècles, au seuil de la Renaissance, celles qui préludent à la Révolution Française, ont des caractères analogues. On y voit s’allier la contestation religieuse ou politique, les troubles internes et externes, les promesses de conquêtes techniques ou scientifiques et un recours intense à toutes les disciplines, qui peuvent donner prise sur un avenir incertain. Le prophétisme et la magie connaissent alors un vif succès. Et, comme toujours, le recours aux « techniques ésotériques » s’accompagne du pullulement des sociétés secrètes. On aspire d’autant plus à « l’initiation » que s’affaiblit l’espoir religieux et que l’espoir scientifique échauffe les imaginations.

Les quatre risques de mort

Comme les cavaliers de l’Apocalypse, ils sont quatre: la famine, la destruction du milieu vivant, l’épuisement des ressources énergétiques, le suicide thermo-nucléaire. Dans les quatre cas, les fondements de la menace sont identiques. Il s’agit d’une évolution exceptionnellement rapide des techniques et des populations. Avant l’an 2000 la population mondiale atteindra six milliards d’habitants et elle aura doublé en vingt ans. A cette cadence, il faudra très peu de siècles pour que chaque individu dispose d’un mètre carré, compte tenu de la surface des régions les plus déshéritées. Or, à mesure que le niveau de vie des nations favorisées s’élève, les dépenses énergétiques deviennent plus onéreuses, les modes de vie détruisent le milieu biologique et rendent plus difficiles et la formation intellectuelle et la décence des bilans alimentaires généraux des nations sous-développées. Dans le même temps, où les compétitions pour la vie deviennent plus aiguës, l’accès à la puissance nucléaire devient plus aisé pour des nations secondaires.

Chaque heure la planète embarque huit mille nouveaux passagers. Chaque vingt-quatre heures douze mille passagers meurent de faim parce que les ressources mondiales sont mal partagées, parce qu’elles sont appropriées par les nations sur-développées, c’est à dire nous.
Notre confort, nos autos, notre gaspillage, notre civilisation clinquante reposent sur la misère du reste du monde. A nous donc de réfléchir les premiers aux différentes manières qui nous permettraient de peser moins lourd dans la balance mondiale.
En Suisse, notre croissance démographique est relativement faible.
Faible certes, mais souvenons-nous que chaque Suisse qui naît aujourd’hui pèse le poids de cent Asiatiques.

La famine

Nul n’ignore que la moitié de l’humanité est mal nourrie. Pour redresser cette situation, il faudrait à la fois développer, dans les pays défavorisés,

Source; lapresse.ca

une industrie à fins agricoles et dépasser les structures mentales, qui donnent la préférence aux produits agricoles exportables sur les cultures vivrières. Dans ce jeu, la responsabilité des nations riches est considérable, leur soutien se borne à donner du bout des doigts pour récupérer des deux mains.

Le renversement du processus est d’autant plus difficile que, compte tenu du revenu moyen par tête, la lutte contre la faim et l’ignorance sont des combats parallèles. Des sources de l’Unesco datant de quelques années déjà nous révèle que le monde compte 850 millions d’analphabètes pour 2400 millions d’adultes et que la cadence d’accroissement de l’analphabétisme est de 7 millions par an, en dépit de tous les efforts de scolarisation.

En septembre 2017, la FAO avait noté qu’après une régression constante durant plus d’une décennie, la faim dans le monde avait progressé de nouveau en 2016, touchant 815 millions de personnes, soit 11% de la population mondiale.


Destruction du milieu vivant

La famine n’est certainement pas le souci principal des nations évoluées, mais quelque chose qui pourrait la généraliser: la destruction du milieu vivant.

L’Unesco à dénoncé ce péril majeur, qu’elle n’hésite pas à définir comme « le problème le plus grave de notre temps ». Il s’agit de la stérilisation inconsciente du milieu vital, au bénéfice de commodités immédiates. Elle se traduit en urbanisation déréglée, en massacre des forêts et des espèces animales, en stérilisation progressive, soit pour des fins commerciales, soit en conséquence de la pollution généralisée de l’atmosphère et des eaux. On estime généralement qu’à la cadence des éliminations actuelles, les quatre cents espèces de grands mammifères vivants à l’état libre, auront disparu avant l’an 2000. Il ne subsistera que les spécimens des réserves et les mammifères domestiques.

Tous les spécialistes d’Europe et d’Amérique sont d’accord sur ce point; si, dans la décade à venir, l’homme des civilisations techniques n’a pas pris de sérieuses mesures pour enrayer la pollution, le processus deviendra irréversible.

Cette pollution met en cause les besoins gigantesques provoqués par la violente progression technique et démographique, le mode de vie dans son ensemble.
Chaque traversée de l’Atlantique par un seul avion à réaction brûle 32 tonnes d’oxygène, alors que l’on détruit les forêts qui le produisent.

La pollution des eaux atteint également un point critique. On constate que chaque Européen consomme annuellement 1200 mètre cubes d’eau. En France, par exemple, le volume des eaux détériorées atteint en gros 20% et localement ce volume peut s’élever à 80% du débit.
Nombre de nappes souterraines accusent de fortes concentration de nitrates. Les grands lacs américains, tel le Michigan et l’Erié sont stérilisés à mort.

 Depuis le 19 août 2014 la population mondiale a consommé l’intégralité des ressources à sa disposition pour toute l’année 2014. L’humanité a d’ores-et-déjà dépassé son quota en ressources naturelles pour l’année, soit un jour plus tôt qu’en 2013.


L’épuisement des ressources énergétiques

Aux précédentes menaces qui sont indiscutées s’ajoute la possibilité d’une insuffisance progressive des ressources énergétiques. Se fondant sur le développement accéléré de la démographie et du niveau de vie individuel, l’épuisement des ressources pétrolières et charbonnières du globe est envisageable dans le siècle à venir. L’énergie atomique ressource puissante par excellence reste la plus onéreuse tant que l’on aura pas réalisé la fusion froide contrôlée. L’espoir de surmonter les crises par un surcroît d’organisation semble vain.

Les nations industrialisées consomment goulûment les dernières réserves « riches » de produits énergétiques et de métaux. Il faudra en conséquence, dans les prochaines années « y mettre le prix ». La civilisation du gaspillage est terminée, celle des mutations industrielles et d’une concertation mondiale commence.

Du charbon à la pierre meulière, du cuivre à l’uranium, du plomb à l’or, de la potasse au soufre, tout ce qui constitue les matières premières, représentait en 1973 4,5% du PNB mondial, ce n’était pas grand chose et pourtant sans eux, le monde actuel se serait retrouvé à l’âge de pierre. Actuellement, ces matières premières représentent entre 11 et 12% du PNB mondial et cette situation ne peut que s’aggraver.


Le suicide atomique

Les capacités énergétiques des forces de frappe sont actuellement telles, qu’il serait possible de consacrer l’équivalent de 15 tonnes de TNT à la destruction de chaque être humain.
Constater que l’humanité vit dans un monde de plus en plus dangereux confine désormais à la banalité. Les tensions, les rivalités, économiques, politiques, idéologiques, culturelles, religieuses, sociales se sont multipliées. Les conflits localisés prolifèrent. Plus que jamais, l’univers se caractérise par la conjugaison de tendances lourdes inquiétantes et rien n’autorise, à l’aube du troisième millénaire, à envisager leur disparition prochaine. Ainsi, dans le domaine des armements, on assiste tout d’abord à une croissance quantitative et à une amélioration qualitative sans précédent qui sont à l’origine d’une part, d’un surarmement et d’autre part, de la création de foyers géographiques de déséquilibres militaires.

Vient ensuite une possibilité non négligeable de prolifération nucléaire. Le Club très fermé des possesseurs de l’arme atomique peut désormais s’ouvrir, à tout moment ou presque, à l’un des 22 Etats du globe disposant de la capacité nucléaire.

 


Vues aériennes

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Binge drinking

Pratique du “binge drinking” chez les jeunes

Boire beaucoup d’alcool dans  un laps de temps très court : voilà le concept du binge drinking qui  sévit depuis dix ans en France  et dans la plupart des pays européens, principalement chez les jeunes. La part de ceux qui ont connu au moins trois ivresses dans l’année a presque doublé  en dix ans, passant de 15 à 29 % (baromètre santé 2014 de  l’Institut national de prévention  et d’éducation pour la santé).

Chez les étudiants,environ 40% des garçons et 16% des filles sont déjà connu un épisode de binge drinking. Et dans certaines promotions, la moitié des élèves reconnaissent avoir vécu un “trou noir”, une période d’ivresse qui ne leur a laissé aucun souvenir.

Ce phénomène laisse-t’il des traces dans le cerveau des jeunes adultes?

Oui. C’est la forme de consommation d’alcool la plus délétère pour la mémoire des jeunes. Pour notre étude européenne, AlcoBinge, nous avons séparé les jeunes en deux groupes: les binge drinkers, qui peuvent absorber jusqu’à 30 verres par session une à deux fois par semaine, et les “buveurs sociaux”, consommateurs réguliers d’alcool, mais de façon plus étalée dans la semaine. A un an d’intervalle, l’imagerie cérébrale a révélé une altération de la substance blanche (les fibres nerveuses garantes de la communication entre les zones du cerveau) plus importante chez les binge drinkers, notamment les garçons. Or, les capacités d’apprentissage et de mémorisation dépendent de ces fibres. L’étude de la matière grise (neurones) a, par ailleurs, confirmé une différence entre les deux groupes, mais cette fois, ce sont les filles qui sont les plus touchées par cette altération, notamment au niveau de l’hippocampe. L’une de leurs structures les plus altérées est liée aux émotions.

Quelles pourraient être les conséquences à long terme de cette pratique pendant sa jeunesse?

Addiction à l’alcool, problèmes psychologiques, émotionnels…Sur l’animal, nos expériences ont montré que des intoxications répétées chez le rat “adolescent” (deux premiers mois de sa vie) induisent une vulnérabilité à l’addiction à l’alcool à l’âge adulte (2 ans). Les rats adultes doivent consommer plus d’alcool pour obtenir une activation des circuits  cérébraux de la récompense ! Un besoin qui n’existe pas lorsque la consommation a été plus étalée au cours de l’adolescence de l’animal. On peut aussi craindre des effets neurotoxiques liés à l’alternance d’intoxications massives et de sevrages.  Même si les quantités consommées sont les mêmes que chez les buveurs sociaux, nos travaux sur les rats montrent que le cerveau se modifie pour contrer cette hyper alcoolisation, avec des dommages potentiellement durables en termes de fonctionnement cérébral, de mémorisation et d’apprentissage.

Michaël Naasilia.
Neurobiologiste, spécialiste des problématiques d’addiction à l’alcool (Inserm).


Megocity

megotcity

Les mégots:
2,3 millions de tonnes de déchets (en Suisse 20 tonnes/an)
209’000 tonnes de déchets chimiques rejeté dans la nature
2500 composants chimiques différents rejetés dans la nature

Témoignage
Il est 17h 30, ce mardi 8 octobre 2013.
Rolle, ma ville, si joliment nommée «Perle du Léman» se noie dans la douceur d,un automne naissant.
Je longe les quais pour rentrer chez moi.
Le lac est si calme qu,il invite à la flânerie.

En séance municipale cet après-midi, nous avons évoqué la problématique de la propreté sur l’espace public et du respect que l’on est en droit d’attendre des citoyens d’une si jolie ville.

Arrivé à la hauteur de la petite place agrémentée de quelques bancs, mes rêveries s,estompent brutalement.
Jonchant le sol sur quelques mètres carrés, les restes d’homo sapiens s’étalent dans leur terrible réalité.
Le mégot salit et pollue ma ville, mais si il n’y avait que lui?
Rolle, ma ville est victime désormais du phénomène de «littering» dont les causes ne résident ni dans les taxes au sac, ni dans le manque de poubelles: ce problème est dû à un changement de comportement des consommateurs. Boissons et plats à l’emporter, journaux gratuits, cigarettes constituent les principaux types de détritus.

Quai de Rolle, 17h 30, mardi 8 octobre 2013.
Espace public de 100 m2

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Le dossier complet à télécharger en PDF


L’environnement, la symbiose

L’environnement, la symbiose

Tableau explicatif à l’attention des promeneurs réalisé dans le but de sensibiliser les citoyens au problème du “littering”.

Notre planète est un système vivant, un écosystème sur lequel chacun de nos gestes a une influence directe.
Trier ses déchets, utiliser les transports en commun les énergies renouvelables, économiser l’eau, l’électricité, permet de préserver la qualité de l’air, de l’eau, du sol, la faune, la flore, et les paysages.

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Vous pouvez le télécharger au format PDF et surtout le diffuser


Humaniser la mondialisation

Eléments constitutifs de l’intervention à l’AG de la FEDEVACO (Rolle, 16 novembre 2011)

« L’humanisme est une vision, un programme, un projet toujours inachevé .
Il est de notre devoir en tant que responsable politique d’y prendre part et de transmettre le flambeau. »

Denys Jaquet – Nov 2011

De la Chine dans notre futur.
D’après le célèbre confucianiste Meng Ke, connu sous le nom de Mencius [372 – 289 av. J.-C.], l’homme possède quatre sentiments innés, tout comme il possède quatre membres. « La compassion est le commencement de la bienveillance, la honte est le commencement de la droiture, la modestie est le commencement du respect, le discernement entre le bien et le mal est le commencement de la sagesse. » Ces quatre sentiments différencient l’homme de l’animal, et ce n’est qu’en intégrant leur développement que l’homme peut réellement être considéré comme humain.
Les doctrines de Confucius et de Mencius ont constitué la pierre angulaire de la culture traditionnelle chinoise pendant des millénaires et restent dominantes aujourd’hui encore. Selon certains penseurs, c’est sous l’influence du confucianisme que les philosophes des Lumières du 18e siècle ont édifié la monumentale Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
La substance du nouvel humanisme ne peut être qu’enrichie avec les ingrédients de la culture chinoise. Avec l’évolution à grande vitesse de la société humaine, la construction d’un monde harmonieux, qui est depuis longtemps l’idéal universel de l’humanité, appelle à l’émergence du nouvel humanisme.

Liu Ji est président honoraire de la CEIBS (China Europe International Business School) et ancien vice-président de l’Académie chinoise des sciences sociales.
Adapté du discours « Embrace the Era of New Humanism » prononcé par Liu Ji lors du 9e Forum euro-chinois organisé les 27 et 28 juin au siège de l’UNESCO.

De l’Islam dans notre futur

L’humanisme n’est pas né dans l’Europe des 15e et 16e siècles. Cette période, dite de la Renaissance, a été l’un des moments de la longue histoire de l’humanisme, commencée deux mille ans plus tôt à Athènes et poursuivie durant l’Âge d’or de l’islam, entre les 9e et 12e siècles.
Les hommes de la Renaissance se sont explicitement référés à l’héritage de la Grèce ancienne, qu’ils ont réhabilitée et prise pour modèle. Mais ils ont voulu oublier le moment musulman de l’histoire de l’humanisme.

Au 9e siècle, à Bagdad, sous la dynastie des Abbassides, l’Islam est alors un empire immense, puissant et prospère, regroupant une multitude de populations, de religions et de cultures différentes. Sa capitale, Bagdad, compte un million d’habitants, alors que Rome en compte 30 000 et Lutèce à peine 10 000. La confiance règne en affaires, au point qu’une traite signée aux confins de l’Inde est respectée jusqu’au Maroc.

Les Falasifa (philosophes), poursuivent une démarche encyclopédiste, visant à embrasser toutes les sphères de la connaissance. Réhabilitant les disciplines profanes inaugurées par les Grecs – médecine, mathématique, astronomie, pharmacologie –, ils étudient la nature en soi, et non la nature comme témoin de la toute-puissance divine.

Les défaites militaires face aux Croisés autour de Jérusalem et face aux rois catholiques en Andalousie, puis les invasions mongoles mettront un terme à cet âge d’or.

Cependant, leurs oeuvres traduites de l’arabe au latin, seront enseignées dans toutes les universités européennes. Elles irrigueront, pendant plusieurs siècles, les grands débats qui déboucheront sur la pensée de la Renaissance.

Mahmoud Hussein est politologue et islamologue egyptien.
Dernier ouvrage paru : Penser le Coran. Folio Essais,
Gallimard. 2011.

Vers un humanisme nouveau
Ce que l’homme occidental appelle depuis quatre siècles humanisme, c’est l’ambition de se rendre maître de lui-même et de l’univers par l’exercice de son activité intellectuelle isolée du reste de sa vie. […] Ce qu’il a appelé le domaine de l’homme complet, c’est la prise en considération du monde entier par l’homme réduit à une partie de lui même.
Il faut revenir de cette erreur pour corriger l’humanisme et pour l’élargir.
Mais le mouvement nécessaire aujourd’hui est de libérer la vie de l’esprit des limites où l’esprit occidental l’a longtemps tenue captive.
L’humanisme nouveau sera celui où les méthodes de conduite et de travail que l’intelligence occidentale a su acquérir sauront s’appliquer à la redécouverte de domaines spirituels longtemps désertés.
L’intelligence alors, au lieu de faire courir à l’homme les risques qui découlent de ses présomptions et de ses usurpations, n’aura pas trop de toute sa vivacité et de toute sa force pour servir la cause de l’homme vraiment complet cette fois : non pas de l’homme dévié dans le matériel par le cérébral, mais l’homme uni, corps et âme, pour affronter son mystère par sa conscience.

Nous croyons que si cet humanisme-là venait à s’établir, l’Orient et l’Occident verraient s’effacer beaucoup de ce qui les sépare, et apparaître tout ce qui les unit – et qui unit tout le genre humain.

Le document intégral, rédigé par l’écrivain français
André Rousseaux, peut être consulté aux archives
numériques de l’UNESCO :
www.unesco.org/new/unesco/resources/publicatio
ns/unesdoc-database/

Sept pistes pour l’avenir de l’humanité
Si, de nos jours, l’arbre vaut pour le bois qu’il produit, et l’animal pour la viande et le cuir
qu’il fournit, si la valeur s’est transformée en prix, c’est que le projet humaniste s’est dévoyé au fil des siècles, estime Cristovam Buarque. La prise en compte des défis planétaires est la condition première pour qu’émerge un nouvel humanisme fondé sur l’idée d’une modernité éthique.

Né de la fusion d’une pensée grecque revivifiée et de l’affirmation de la primauté de l’homme sur la Terre, l’humanisme tel qu’il est apparu à la Renaissance a érigé l’homme en être distinct du reste de la nature : à part et dominateur. Cette vision a non seulement triomphé, mais elle s’est trouvée renforcée par la toute-puissance de l’homme et les transformations que celui-ci a imprimées à la nature.

L’avenir incertain de notre planète nous impose de repenser le projet humaniste qui devrait, de mon point de vue, reposer sur sept piliers.

  • Promouvoir une politique planétaire
  • Respecter la diversité des cultures
  • Mieux protéger l’environnement
  • Valoriser une production maîtrisée par l’homme
  • Intégrer par l’éducation
  • Affirmer la modernité éthique

Sénateur et professeur de l’université de Brasilia, Cristovam Buarque a été ministre de l’Education en 2003. Il a consacre sa vie politique notamment a la lutte en faveur de l’alphabétisation, de la mise en oeuvre d’une reforme agraire, de l’amélioration du système de sante brésilien et de l’amélioration des conditions de l’emploi au Brésil.

Dès le Sommet de Rio en 1992, il a fait l’objet du chapitre 2 de l’Agenda 21 de Rio :

« Afin de relever les défis que représentent l’environnement et le développement, les États ont décidé d’établir un nouveau partenariat mondial, qui exige que tous les États poursuivent un dialogue constructif, inspiré par la nécessité de rendre l’économie mondiale plus efficace et plus équitable, compte tenu de l’interdépendance croissante de la communauté des nations et de la nécessité de donner la priorité au développement durable dans le programme d’action de la communauté internationale.

Il est reconnu que, pour assurer le succès de ce nouveau partenariat, il est important de surmonter les affrontements et de promouvoir un climat de coopération et de solidarité véritable. Il est également essentiel de renforcer les politiques nationales et internationales et la coopération afin de s’adapter aux nouvelles réalités ».


La bombe à neutrons mérite-t-elle vraiment d’être une vedette de l’actualité?

La bombe à neutrons mérite-t-elle vraiment d’être une vedette de l’actualité?

Autor(en): Jaquet, Denis
Objekttyp: Article
Zeitschrift: Revue Militaire Suisse
Band (Jahr): 127 (1982)
Heft 11
bombe
Explosion nucléaire à Mururoa le 3 juillet 1970 (Tir Licorne, 1 MT).

Née de l’imagination voici plus de trente ans, la bombe à neutrons ou bombe à radiation renforcée, dont le premier essai aurait eu lieu en 1958 au large de Johnston dans le Pacifique, n’a jamais fait autant de bruit que ces derniers mois.
Bombe tueuse et capitaliste pour certains, véritable arme miracle capable de dissuader tout agresseur pour d’autres, elle ne mérite sans doute ni cet excès d’indignation, ni cet éloge d’efficacité.

Neutrons

  • Rayonnement ayant une longueur de parcours très grande. Les neutrons ne sont pratiquement pas ralentis dans l’air. Ils pénètrent profondément dans l’organisme où ils sont ralentis en provoquant des dégâts biologiques importants.

Historique
Issue de recherches faites aux USA, en URSS et en France, la bombe N est dans le domaine des armes nucléaires le résultat d’une réelle mutation engagée dès la fin des années 1960.
En effet, la course au développement et la mise au point d’engins n’avait été jusqu’alors axée que sur la puissance et le gigantisme. De l’énergie de 20 kt «équivalent TNT» dégagée par la bombe A d’Hiroshima, on était rapidement passé à 200 kt, puis à 800 kt, pour parvenir enfin à la bombe H mégatonnique capable d’anéantir une super-grande ville.
Très vite, le pouvoir destructeur de ces armes interdit leur utilisation sur le champ de bataille, conduisant à la stratégie de dissuasion, à l’équilibre de la terreur (aucun pays n’osant déclencher le feu nucléaire sans risquer son propre anéantissement). Alors, un étrange sentiment de malaise se mit à envahir peu à peu les stratèges. Devant le statu quo que représentait le pouvoir destructeur de ces armes, ainsi que l’incertitude dans laquelle leurs manipulations pouvaient entraîner l’humanité, le concept de dissuasion ne perdait-il pas une grande partie de son sens? Ne fallait-il pas renoncer à l’arme nucléaire pour repousser un agresseur? Non bien sûr, et l’on se tourna vers la fabrication d’armes nucléaires dites «tactiques», de faible puissance et aux effets mesurés.
Depuis 1970, toute une panoplie de bombes nucléaires spécifiques est en train de naître, présentant un effet prioritaire parmi les cinq initialement développés par la bombe standard d’Hiroshima : effet de choc, effet incendiaire, irradiation électro-magnétique, irradiation neutronique et radioactivité résiduelle.

Article complet paru dans la Revue Militaire Suisse 1982


Le livre blanc de la jeunesse

Jeunesse

La santé des jeunes à l’image de notre société

Passage obligé entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescence est un envol vers de nouveaux horizons: formation de l’image de soi, choix d’une orientation professionnelle, découverte de la sexualité, etc. C’est aussi le temps du renoncement à l’enfance et d’un détachement des parents. Au cours de cette étape décisive, les adolescents adoptent des comportements qui influenceront leur avenir et leur santé (pratique sportive, consommation de drogues, etc.).

HBSC et SMASH, deux recherches nationales réalisées en 2002, financées par l’Office fédéral de la santé publique et les cantons, offrent une évaluation étendue de l’état de santé et des besoins des adolescents de 11 à 20 ans.

Voici résumé ce qui ressort de ces deux études et dont nous devons prendre conscience dans la conduite de notre politique régionale notamment en matière de prévention.

Il s’agit ici de pas mal de données chiffrées, mais très révélatrice cependant.

Santé

  • La majorité des adolescents se sentent en bonne santé, mais…même si la majorité s’estime en bonne santé, divers maux sont assez fréquents (tête, dos, sommeil, etc.). De plus, tous les jeunes ne sont pas égaux devant la santé: le sexe et la filière professionnelle jouent un rôle, tout comme les parents et l’éducation.
  • Une large minorité rencontre des difficultés psychosociales A l’adolescence la situation peut évoluer rapidement et la plupart des problèmes se résoudre spontanément.

Cependant, entre 10 et 20% des jeunes cumulent les difficultés: ce sont par exemple souvent les mêmes jeunes qui consomment des substances psychoactives et qui sont plus déprimés. La plupart des jeunes consultent un professionnel de la santé au moins une fois par an (médecin, psychologue, etc.).Cependant, les questions psychosociales semblent encore peu abordées.

  • Péjoration des troubles du comportement alimentaire et des dépendances.

L’usage de drogues et les troubles de la conduite alimentaire ont augmenté au cours des

dix dernières années, et il semble aussi que la consommation de drogues débute plus tôt.

  • Les habitudes saines diminuent avec l’âge.

En grandissant, les jeunes ont tendance à abandonner certains comportements favorables à la santé comme une alimentation équilibrée, une activité physique régulière ou encore l’utilisation du préservatif.

Sommeil

  • Le sommeil et ses troubles occupent une place considérable à l’adolescence: chez les 11-16 ans, 32% des filles et 24% des garçons se sentent fatigués plusieurs fois par semaine voire tous les jours et chez les 16-20 ans, 54% des filles et 45% des garçons ont l’impression d’être tout le temps fatigués.

Alors qu’en théorie les besoins en heures de sommeil croissent à l’adolescence, dans la pratique, la majorité ne dort pas assez. Ce manque de sommeil peut être provoqué par un changement physiologique du rythme nycthéméral à l’adolescence ou par un excès d’activités nocturnes. Mais cela peut aussi être le signe de troubles psychosociaux.

Bruit

  • Le bruit peut nuire à la santé: les concerts et les discos, comme parfois les baladeurs ou

le travail, exposent les jeunes à des niveaux sonores trop élevés qui peuvent endommager l’audition. Chez les 16-20 ans, 34% ont déjà subi un traumatisme acoustique, et 4% d’entre eux disent souffrir d’un acouphène (sifflement) persistant.

Atteinte physique

  • 10% des jeunes en formation (16-20 ans) souffrent d’un handicap physique (lésion qui atteint l’intégrité du corps et limite son fonctionnement) ou d’une maladie chronique (qui dure au moins 6 mois et qui peut nécessiter des soins réguliers).

Entre 20% et 45% d’entre eux ne peuvent pas participer au même type et/ou à la même quantité d’activités que leurs pairs.

Il faut s’assurer qu’ils trouvent leur place dans la société.

Alimentation

  • En grandissant, les jeunes sautent de plus en plus de repas, en particulier le petit déjeuner et le souper. Puis après la scolarité obligatoire les pauses raccourcissent et les trajets jusqu’à l’école ou au travail s’allongent. Ainsi il arrive souvent qu’à midi les jeunes ne se contentent que d’un snack.
  • Déjà entre 11 et 16 ans, beaucoup de jeunes ont une alimentation peu équilibrée. Seule une minorité mange tous les jours des légumes (38% des filles et 30% des garçons) ou des fruits (40% des filles et 30% des garçons). En revanche, ils sont autant à consommer chaque jour du chocolat (27% des filles et 28% des garçons) et des limonades (26% des filles et 37% des garçons).

Suite à une alimentation peu équilibrée et à un manque d’activité physique, une part croissante de jeunes souffrent de surcharge pondérale.

Activités physiques

  • A partir de 16 ans, les jeunes abandonnent le sport en premier lieu par manque de temps (60% des filles et 47% des garçons), parce qu’ils préfèrent d’autres activités (37% des filles et 43% des garçons), qu’ils ont la flemme (27% des filles et 29% des garçons), qu’ils ont un travail physiquement dur (11% des filles et 29% des garçons) ou encore qu’ils n’aiment pas le sport (26% des filles et 22% des garçons).

Tabac

  • La situation est plutôt inquiétante, car les jeunes fument plus et plus tôt qu’il y a dix ans. Or, plus un poumon est jeune, plus il est sensible aux méfaits du tabac. En outre, plus un jeune commence tôt à fumer, plus il a de risques de rester fumeur et c’est justement à l’adolescence que la plupart du temps débute l’usage du tabac: le pourcentage de fumeurs quotidiens est de 4% chez les filles et de 6% chez les garçons de 13-14 ans, respectivement de 19% et 18% à 15 ans, et enfin de 30% et 40% à 20 ans (les élèves fumant nettement moins que les apprentis).

Alcool

  • La consommation d’alcool a nettement augmenté en 10 ans, surtout chez les filles : en 1993, 28% des filles de 16 à 20 ans buvaient de l’alcool une ou plusieurs fois par semaine contre 42% en 2002 (garçons: de 56% à 67%). L’apparition sur le marché de boissons alcoolisées sucrées, au goût agréable, a joué un rôle important, notamment chez les jeunes adolescentes. De plus, les taux d’ivresse ont nettement augmenté et touchent aussi les plus jeunes.

Attention aux accidents: le taux de jeunes (16-20 ans) qui conduisent souvent un véhicule en état d’ivresse est passé de 16% en 1993 chez les garçons à 28% en 2002 et de 3% en 1993 chez les filles à 8% en 2002.

Cannabis/drogues

  • Près de la moitié des adolescents ont déjà consommé du cannabis à 15 ans (un des taux les plus élevés d’Europe). Toutefois, la majorité des consommations restent récréatives. Il faut par contre s’inquiéter de l’augmentation considérable de la consommation régulière, qui a des répercussions négatives sur la santé.

Les jeunes de 16-20 ans qui déclarent consommer beaucoup d’alcool et de cannabis montrent en même temps un grand besoin de sensations fortes. Il est bien probable qu’ils cherchent à satisfaire ce besoin en consommant de l’alcool ou du cannabis. Ils prennent aussi beaucoup plus d’autres drogues (p.ex. ecstasy). Un bon tiers d’entre eux disent avoir besoin d’aide concernant leur consommation de drogues.

Mais pour beaucoup, l’alcool et les drogues ne sont pas les seuls problèmes: la moitié des garçons concernés ont été plusieurs fois impliqués dans des actes de délinquance pendant l’année précédente. Et parmi les filles concernées, 18% sont dépressives et presque la moitié d’entre elles ont eu des idées suicidaires concrètes durant les douze derniers mois.

La plupart des jeunes déclarent avoir confiance en eux-mêmes et en l’avenir… mais beaucoup auraient besoin d’aide pour des problèmes de stress et de tristesse.

  • Parmi les jeunes de 11 à 16 ans, 90% affirment se sentir généralement heureux. Pour ce qui est de la confiance en soi, les réponses sont positives chez 70% des filles et 85% des garçons. Chez les 16-20 ans plus de 90% pensent qu’ils vont réussir leur formation et trouver par la suite un travail.

Chez les 16-20 ans, près de la moitié des filles (48%) souhaitent de l’aide pour résoudre des problèmes de stress et de nervosité (28% des garçons). Concernant la tristesse et la déprime 34% des filles et 19% des garçons déclarent avoir besoin de soutien. Sur la base des réponses fournies à une série de questions, près d’une fille sur 10 et d’un garçon sur 20 peuvent être considérés comme dépressifs au moment du sondage. Ces chiffres semblent être restés stables au fil des ans.

Trop de tentatives de suicide passent inaperçues

  • Il est courant de songer au suicide durant l’adolescence: chez les 16-20 ans, 21% des filles et 15% des garçons ont eu de telles idées durant l’année qui a précédé le sondage.

Cela devient alarmant quand l’intéressé(e) a déjà échafaudé des plans concrets. Dans ce cas, une aide s’impose. Chez les 11-16 ans, 3% des filles et 2% des garçons ont déjà essayé d’attenter à leurs jours. Chez les 16-20 ans, c’est le cas de 10% des apprenties, de 4% des filles élèves, de 5% des apprentis et de 2% des garçons élèves. Parmi ces jeunes, seule une minorité a eu quelqu’un à qui parler de sa tentative de suicide.

Parmi les 16-20 ans qui affirment avoir essayé de mettre fin à leurs jours, 40% disent avoir fait plus d’une tentative. Il faut y voir un signe que l’encadrement des jeunes n’est pas suffisant après une première tentative de suicide.

Violence et actes de délinquance

  • La violence subie peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Elle est particulièrement nocive quand elle est le fait des proches: alors que 10% des 16-20 ans craignent d’être frappés par leurs parents, 12% des 11-16 ans disent l’être effectivement, dont 3% régulièrement. Le caractère tabou du mobbing (harcèlement psychologique) ou de la violence au sein de la famille pose un problème supplémentaire.

Les victimes ont souvent un grand sentiment d’impuissance. Elles auraient besoin d’être soutenues par des adultes.

Tandis que 60% des 16-20 ans déclarent n’avoir commis aucun acte de délinquance au cours des 12 derniers mois, 29% reconnaissent 1 à 2 actes de ce genre et 11% (3% des filles et 19% des garçons) affirment en avoir commis au moins 3 au cours de l’année précédente. Ces jeunes ont aussi plus de problèmes que leurs camarades dans d’autres domaines: ils sont davantage sujets à la dépression et plus souvent victimes de violence, consomment en moyenne plus d’alcool et de drogues, portent un regard plus sombre sur leurs perspectives d’avenir et citent plus de problèmes pour lesquels ils auraient besoin de soutien. Un comportement agressif se manifeste souvent très tôt et les interventions à l’âge préscolaire s’avèrent particulièrement efficaces.

Sexualité

  • L’usage du préservatif baisse avec l’âge. Il est probable que lors d’une relation amoureuse stable, une partie des adolescents l’abandonnent au profit de la pilule contraceptive notamment. Par contre, il faut s’inquiéter du pourcentage d’adolescents qui n’ont utilisé aucun moyen de contraception (près de 2%) ou des moyens douteux comme le retrait ou le «calcul» de la période favorable (plus de 10% chez les 14-16 ans). On peut supposer que, pour les plus jeunes, il est particulièrement difficile de formuler leurs besoins et leurs souhaits notamment en matière de contraception et de protection de maladies sexuellement transmissibles.

Parmi les filles de 16 à 20 ans, 5% des apprenties et 2% des élèves disent s’être trouvées enceintes; 72% d’entre elles ont recouru à une interruption, 19% ont vécu un avortement spontané et 9% ont poursuivi leur grossesse. Ces grossesses semblent dépendre de facteurs sociaux: elles concernent 7% des filles de nationalité étrangère contre 3% de nationalité suisse. Par contre, les taux d’interruption volontaire sont semblables entre les filles de nationalité suisse ou étrangère, ce qui suggère un accès identique aux soins.

La famille reste importante…

  • La grande majorité des 16-20 ans (90%) vivent encore chez leurs parents. La plupart des jeunes estiment avoir une bonne relation avec leurs parents. La famille reste aussi un endroit important pour parler de ses problèmes. Du fait de l’importance de la relation des jeunes avec leurs parents, les conflits familiaux sont particulièrement accablants.

La relation parents-enfants se met rapidement en place et la qualité de cette relation dépend de plusieurs facteurs tels que l’assurance avec laquelle les parents remplissent leur rôle, les charges qui pèsent sur eux, leur intégration sociale, les possibilités de garde lorsque les deux parents travaillent et le soutien sur lequel ils peuvent compter en cas de difficultés. Les facteurs propres à l’enfant (par ex. son tempérament) jouent aussi un rôle.

Les présents résultats ne montrent pas un lien direct entre la relation avec les parents et divers problèmes. Il est toutefois intéressant de relever dans quelle mesure les 16-20 ans qui témoignent d’une meilleure relation avec leurs parents indiquent aussi moins de problèmes de santé.

Perspectives d’étude et d’emploi

  • 90% des 16-20 ans sont sûrs de terminer leur formation et de trouver plus tard un emploi. Toutefois un cinquième des 11-16 ans se sentent stressés par l’école. Une proportion  analogue d’apprentis se sentent perturbés par plusieurs facteurs de stress au travail (4 à 6 facteurs dont la pression du temps et la responsabilité). Dans les deux tranches d’âges, 80% des jeunes estiment qu’ils se sentent bien en classe ou au travail.

Sur la base de ce sondage unique, nous ne pouvons pas conclure qu’il y ait un lien de causalité entre l’ambiance qui règne à l’école et la santé.

Néanmoins, les 16-20 ans qui jugent l’ambiance de leur école en des termes positifs signalent moins de problèmes.

Sur la base d’autres études, nous pouvons présumer qu’une bonne ambiance à l’école a aussi des effets positifs sur la qualité de vie et sur la santé.

Des pistes pour l’avenir

Les résultats HBSC-SMASH 2002 et de nombreuses autres recherches le montrent clairement: la qualité de l’environnement et les relations interpersonnelles (famille, amis) ont une influence déterminante sur l’état de santé des jeunes.

Une relation solide avec les parents joue un rôle central pendant toute l’enfance et l’adolescence.

Pour assumer leur tâche, les parents ont besoin de conditions économiques et sociales favorables. Il s’agit aussi de soutenir toutes les offres qui les confortent dans leur rôle dès la petite enfance (puériculture) mais aussi à l’adolescence (centre Sésame).

L’école est le deuxième cadre de vie important des enfants et des adolescents.

D’où la nécessité d’y soutenir une promotion globale de la santé. Certaines conditions sont particulièrement favorables à la santé (et aux performances scolaires), notamment:

  • Des objectifs clairs et un retour régulier de la part du corps enseignant
  • La participation des jeunes à l’organisation de la vie scolaire
  • Une attitude responsable et respectueuse des élèves envers leurs camarades et un climat dans lequel enfants et adolescents n’ont pas à craindre le mobbing, ni d’autres attaques
  • Des conditions de travail et d’apprentissage qui ménagent la santé

Ce qui a été dit pour l’école vaut aussi pour l’entreprise où les jeunes font leur apprentissage. Les facteurs qui influencent la santé sont les mêmes pour les apprentis et les collaborateurs adultes.

La possibilité de participer à la vie sociale est particulièrement importante durant l’adolescence. Les associations de jeunesse, les clubs sportifs et les centres de loisirs offrent aux jeunes divers contacts et expériences avec des adultes et des camarades de leur âge. En outre, les projets qui permettent non seulement de participer, mais aussi de s’engager pour d’autres et de prendre des responsabilités renforcent chez les jeunes la conviction d’avoir une emprise sur leur propre vie.

De bonnes conditions cadres politiques et juridiques sont requises pour que les jeunes trouvent en famille, ainsi que dans le cadre de leur formation et de leurs loisirs, un environnement favorisant leur santé. Citons à titre d’exemples la politique familiale et la politique de la formation, la loi sur le travail, la planification du trafic et du quartier, ainsi que les réglementations dans le domaine des stupéfiants (publicité, distribution). Il incombe donc aux politiciens d’examiner les répercussions de leurs décisions sur la santé des enfants et des adolescents.

Les jeunes en difficulté ont tendance à accumuler les problèmes: déprime, rapports sexuels non protégés, abus de substances, manque de perspectives d’avenir. Des consultations faciles d’accès, comme les services de santé scolaires, les plates-formes de consultation et d’information Internet ou encore les projets de prévention permettent un conseil et une prise en charge rapide. Le travail des animateurs de rue est aussi un bon moyen de venir en aide aux jeunes marginalisés.

Toute rencontre individuelle avec un jeune en difficulté constitue une opportunité de prévention. Les professionnels de la santé et du secteur socio-éducatif devraient être mieux sensibilisés et formés à cette activité.

Les jeunes ont souvent des idées utiles pour développer des nouvelles interventions. Il est donc capital de les intégrer à toutes les activités de promotion de la santé en tenant compte des différences de perception entre filles et garçons.

Pour les communes d’une certaine importance, la création d’une commission jeunesse pourrait être le point de départ d’une action montrant l’intérêt que nous portons à nos jeunes.


Bibliographie:

Dernières publications: «Politiques sociales pour le XXIe siècle» (2001),
«Dictionnaire suisse de politique sociale» (nouv. éd., 2002), tous deux aux Ed. Réalités sociales (Lausanne).
A lire également sur l’histoire des baby-boomers: «Les baby-boomers: une génération 1945-1969», de Jean-François Sirinelli, Fayard, 2003.
Höpflinger, F., Hugentobler V., Soins familiaux, ambulatoires et stationnaires de personnes âgées en Suisse – Observations
et perspectives; Parution : fin 2005 aux Editions Médecine & Hygiène ; Actuellement disponible uniquement en allemand aux Editions Hans Huber
Rapport 2005 du Département de la santé, des affaires sociales et de l’énergie
Service de la santé publique du canton du Valais
Office fédérale de la statistique  Espace de l’Europe 10 2010 Neuchâtel / Suisse
Extraits de l’exposé des motifs et projet de loi modifiant la Loi scolaire du 12 juin 1984

Etude sur la politique culturelle à Rolle

(Rapport complet à télécharger en PDF)

Préambule
En fin de législature 2006-2011, le Municipal en charge a souhaité clarifier et formaliser l’engagement de l’Exécutif en faveur de la culture en réalisant une photographie de l’offre culturelle actuelle, de son subventionnement, et établir des propositions d’axes et de critères pour le développement d’une politique culturelle cohérente.
L’offre culturelle à Rolle est caractérisée par une relative richesse et diversité, elle constitue cependant une « mosaïque éclatée », mal connue. Il n’existe en effet pas à ce jour d’information centralisée concernant cette offre culturelle. De même, l’action de la Municipalité en faveur de la culture est peu lisible. Les termes « culture » ou « affaires culturelles » n’apparaissent pas dans le libellé des comptes, et il n’existait pas encore à Rolle, il y a peu de « délégué culturel » ou de « service des affaires culturelles ».
Egalement, les différentes rubriques des budgets et des comptes de la Ville ne permettent pas non plus d’appréhender facilement l’action municipale. Certains soutiens font l’objet d’une ligne séparée dans les comptes, d’autres comptabilisés dans le cadre d’ « enveloppes », selon une logique historique, parfois difficilement compréhensible. Il est ainsi difficile d’articuler des chiffres précis sur les dépenses de la Ville dans le domaine de la culture. Une analyse des comptes de la Ville permet d’estimer les dépenses nettes en faveur de la culture en 2007 à 1’440’000.- de francs si l’on prend en compte le coût lié aux bâtiments communaux qui abritent des institutions culturelles financées ou subventionnées par la Ville, et à 440’000.- francs si l’on ne tient pas compte du coût de ces bâtiments.
La plus grande partie du budget de la culture permet en effet de financer les amortissements des investissements effectués pour le complexe du Casino, la bibliothèque et le Château. Si l’on ne tient pas compte du coût des bâtiments, c’est au domaine « théâtre du Casino » qu’est consacrée plus de la moitié des ressources allouées par la Ville à la culture.

L’action de la Municipalité en faveur de la culture ne se limite cependant pas à un soutien financier : elle met également à disposition des infrastructures, dont les sociétés locales peuvent disposer gratuitement au moins une fois par an, et exempte ces sociétés de l’impôt sur les divertissements. On considère souvent que cet impôt permet de faire participer les « non Rollois » au financement des *prestations.
Une commission consultative a été mise en place il y a quelques années pour conseiller la Municipalité dans le domaine culturel. Cette commission est cependant volontairement mis en attente depuis 2009 en raison notamment d’une redéfinition des tâches dans presque tous les secteurs du développement culturel rollois.
La Municipalité décerne également une distinction « Prix de la Ville », dans le cadre de la cérémonie des « Mérites rollois » organisée à l’origine en collaboration avec l’USL, mais cette dernière semble aujourd’hui ne plus exister. La Municipalité a par conséquent repris au nom de la commune l’organisation de cette cérémonie en la combinant avec l’accueil des nouveaux habitants.
Dès lors, il est proposé que la Municipalité décide de mener une politique culturelle de proximité, fondée sur les cinq axes suivants :

  • Animer la Ville
  • Favoriser l’accès à la culture
  • Former les jeunes à la culture
  • Mettre en valeur le patrimoine
  • Promouvoir la création

Pour assurer la cohérence générale de l’action municipale dans le champ culturel, il est proposé de réviser le rôle et la composition de la commission consultative de la culture. Il est aussi proposé que l’ensemble des subventions ordinaires et extraordinaires – y compris celles accordées aux sociétés locales – soient examinées à intervalles réguliers par cette commission consultative qui serait chargée d’attirer l’attention sur d’éventuelles divergences d’interprétation des critères de subvention. Pour assurer la lisibilité de l’action municipale, il est aussi proposé de réviser le libellé du budget et des comptes, et dans ce contexte que les différentes subventions ordinaires fassent l’objet d’une ligne aubudget, qui devrait continuer de comprendre également une enveloppe pour des subventions extraordinaires garantissant la souplesse nécessaire au régime d’aide à la culture.
Il est enfin proposé que des procédures publiques et transmissibles soient établies pour tout ce qui touche aux aspects pratiques de la vie culturelle (location de locaux, salles, etc., autorisations à demander, affichage..), et qu’une réorganisation interne à l’administration soit envisagée, qui pourrait consister à confier toutes ou la plupart des activités actuellement menées à une seule personne qui deviendrait également responsable de l’information en matière culturelle.